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Togo: Du Coup d’Etat ou du «putsch de Pâques»:

Selon Bodjona, Kpatcha Gnassingbé bénéficiera bientôt d’une grâce présidentielle

10 juin 2009

Pascal Bodjona, l'homme de main de Faure GnassingbéNotre confrère Tribune d’Afrique dans son numéro spécial de juin 2009 sur le Togo a apporté de nouveaux éléments dans l’affaire de «tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat». Il rapporte un entretien téléphonique qu’il a eu avec le «propriétaire de tous les dossiers», le Procureur de la République Robert Bakaï et un entretien «informel» avec le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, et porte-parole du gouvernement, Pascal Bodjona.

Pour le Procureur de la République qui avait annoncé le présumé coup d’Etat après l’attaque du domicile de l’ancien ministre de la Défense et des anciens Combattants, l’enquête suit son cours normal. «Le juge en charge a fini les deux premières étapes, l’audition vient d’ailleurs de finir, il faut maintenant la confrontation, elle aura lieu dans une ou deux semaines. Elle ne sera pas publique, elle est fermée», affirme-t-il. Par contre, il est possible que le procès soit public.

En outre, il est revenu sur le lieu de détention de Kpatcha et son demi-frère Essolizam. «Pour deux raisons, ils ne sont pas à la prison de Lomé, d’abord pour leur sécurité, ensuite pour la délicatesse du chef d’accusation dont ils sont présumés coupables», poursuit-il.

A la question de savoir si les présumés coupables ont avoué les faits comme le révèle Jeune Afrique. «Tout cela est couvert par les secrets de l’instruction», ajoute-t-il sans remettre en cause les déclarations que le journal panafricain prête aux présumés coupables.

«Les déclarations des protagonistes aux enquêteurs de la gendarmerie togolaise, ainsi que le contenu d’une clé informatique USB, actuellement placée sous scellés et présentée par le procureur Robert Bakaï comme une pièce à conviction déterminante, permettent de reconstituer les détails inédits d’un complot quasi familial à la fois mûrement réfléchi et totalement improvisé. C’est l’arrestation le 27 avril à Pya, fief du clan Gnassingbé, d’un certain Essozimna dit Esso, 39 ans, fils de Kabissa Gnassingbé…», écrit Jeune Afrique N°2524 du 24 au 30 mai 2009. Il est aussi rapporté la création d’un «Comité national de rectification et de réconciliation» et un serment qui lierait les différents auteurs. Ainsi, le Commandant Abi Atti serait le Président pour une transition de deux ans alors que Kpatcha Gnassingbé retrouverait son poste de ministre de la Défense et des anciens Combattants.

Par ailleurs, de l’entretien de Tribune d’Afrique avec le ministre Bodjona, il ressort l’idée de grâce présidentielle qui ne serait intervenu qu’après le jugement. «Une grâce présidentielle est possible après le jugement, mais avant, je ne crois pas; sinon vous-mêmes seriez les premiers à vous en prendre à nous sous prétexte que le dossier est vide alors que ce n’est pas vraiment le cas», commente-t-il.

Ce scénario est plausible et est même envisagé par nombre d’observateurs après que Faure Gnassingbé a annoncé que la justice se fera. On organiserait un simulacre de procès au cours duquel l’ancien patron de la SAZOF serait condamné et il serait relaxé plus tard par son frère qui fera parler la fameuse grâce présidentielle. Le temps que le chef de l’Etat reconquière le pouvoir dans sa plénitude.

E. Pierre


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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