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Togo: Présidentielle de 2010:

Avec quelles lois va-t-on à l’élection présidentielle de 2010? Avec ou sans la Constitution et le code électoral actuels?

15 juin 2010

Faure Gnassingbé, comme son défunt père, n'est pas près à ouvrir le pays au changementMême si du côté des gouvernants on s’en soucie très peu, ou pas du tout, la présidentielle de 2010 n’en demeure pas moins une échéance électorale d’importance. Cette élection va redistribuer les cartes et les politiques en sont assez conscients. L’horizon s’éclaircit de plus en plus sur les prétentions. C’est un processus irréversible. Mais quelle Constitution et quel Code électoral vont-ils présider à l’organisation de ce scrutin?

La grosse énigme
Cette problématique mérite d’être posée quand on fait l’état des préparatifs. Il est constant que la transparence de la présidentielle de 2010 dépend de sa préparation judicieuse, notamment des réformes recommandées par l’Accord Politique Global (APG). «Toutes les parties prenantes au Dialogue ont reconnu la nécessité d’apporter au Cadre électoral en vigueur les aménagements nécessaires pour garantir un processus électoral libre, démocratique et transparent, ouvert à tous les Togolais», dixit l’APG.

Mais voilà depuis trois (3) ans, et à moins de dix (10) mois de la présidentielle de 2010, les réformes institutionnelles et constitutionnelles sont au frigo. Les discussions commencées tout autour sont aujourd’hui dans l’impasse. L’Union des Forces de Changement (UFC) et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) viennent de claquer la porte du Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC) à cause de la volonté du pouvoir de verrouiller le processus manifestée à travers la prise de décret favorisant l’entrée des «trouble-fête».

L’inquiétude est assez légitime quand on sait que le porte-voix par excellence du pouvoir, Pascal Bodjona a laissé entendre dans une déclaration publique qu’en l’absence d’un consensus au CPDC sur les désaccords en vue de la matérialisation des réformes, on fera avec les anciens textes en vigueur. Ce qui signifie que c’est la Constitution en sa forme toilettée et le Code électoral actuel qui seront appliqués.

On évolue une fois de plus vers l’exclusion car ces textes contiennent des mesures discriminatoires introduites lors des nombreux tripatouillages pour écarter les candidats de la présidentielle de l’année prochaine. Ce sont les candidatures de Gilchrist Olympio et de Kofi Yamgnane qui risquent d’être rejetées, eux qui bénéficient de doubles ou multiples nationalités.

Ainsi comme en 1993, 2003 et 2005, le pouvoir écarterait des candidats capables de rivaliser valablement celui du clan. On a l’impression que c’est d’ailleurs ce veut le pouvoir. Car depuis la tentative infructueuse de ressusciter la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de Tozim Potopèré et la sortie appréciable de la Cour constitutionnelle qui a rejeté le coup de force, puis précisé plus tard la fourchette de temps devant voir organiser le scrutin, Faure Gnassingbé et les siens n’entreprennent rien entrant dans le cadre de la préparation du scrutin. Le Chef de l’Etat préfère enclencher sa campagne électorale.

La position de la France
Il nous souvient que lors d’une sortie publique, le Secrétaire d’Etat français à la Coopération Alain Joyandet avait laissé entendre que la France militera pour «qu’aucune candidature sérieuse ne soit écartée de la course en 2010». Ces propos ont surpris agréablement l’opinion, car la France a toujours apporté sa caution au clan Gnassingbé.

Pour nombre d’observateurs, la meilleure procédure pour l’Elysée serait de faire pression sur le pouvoir de Lomé afin qu’il matérialise les réformes institutionnelles et constitutionnelles recommandées par l’APG et qui appellent à débarrasser le cadre électoral, entendu la Constitution et le Code électoral des critères discriminatoires.

Mais voilà, à l’orée de cette élection importantissime, les fameuses réformes ne sont pas encore entreprises. C’est l’exclusion de Gilchrist Olympio, Kofi Yamgnane et autre candidat éventuel de la diaspora qui est ainsi en train d’être acquise. Quelle sera alors la position de la France?

Si les choses restaient en l’Etat et donc ces exclusions se confirmaient, c’est la France qui perdrait davantage en honneur vis-à-vis des Togolais. Ce ne serait pas moins un défi, un pied de nez que Faure Gnassingbé aura fait à Sarkozy.

Pablo E. (partenaire de Etiame.com à Lomé)


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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