TOGO: Présumée tentative
de coup d’Etat:
Djovi Gally de l’UFC devient l’avocat
Kpatcha Gnassingbé
02 Juillet 2009
D’après Me Gally qui intervenait samedi dernier
sur les ondes de RFI, cette sollicitation n’a aucun lien
avec son engagement politique, quand bien même il sait
que «l’affaire Kpatcha Gnassingbé» est «hautement
politique». D’ores et déjà, ce
duo d’avocats se rend compte des difficultés qui
l’attendent. Ils n’ont pas encore eu accès à leur
client ; ce dernier étant gardé au secret, selon
les propos de Me Djovi Gally.
Arrêté le 14 avril dernier suite à une perquisition à son
domicile, le député Kpatcha Gnassingbé,
ex-ministre de la Défense de la République togolaise,
est accusé d’avoir planifié un coup d’Etat
contre le régime de Faure Gnassingbé. Quelques
jours après cette arrestation, un «arsenal d’attaque» a été présenté aux
médias comme étant les fruits de la perquisition
menée chez lui.
Nonobstant ces «preuves» et la gravité des
accusations, l’UFC, contre toute attente (vu les antagonismes
politiques entre ce parti et celui de la victime) prend fait
et cause pour le député RPT. Après avoir
condamné les conditions de son arrestation, le parti de
Gilchrist Olympio demande que la procédure soit conduite
dans la transparence et dans le respect de l’immunité parlementaire
du député de la Kozah. Au sein du parti au pouvoir,
l’acte est condamné et des soutiens sont apportés
au chef de l’Etat.
Dans la foulée, quatre organisations de défense
des droits de l’homme (CNDH, LTDH, HCDH, et MLTDH) ont été autorisées
par les autorités judiciaires togolaises à rendre
visite au présumé coupable et à ses complices.
En dehors de l’organisation onusienne des droits de l’homme
qui n’a pas encore livré son rapport de cette visite,
que d’aucuns ont qualifié de «guidée»,
les trois autres organisations l’ont fait. Elles ont déclaré que
M. Gnassingbé et ses présumés complices
sont détenus dans des conditions «acceptables».
Puis après, plus rien n’a filtré de cette
affaire. Et plus personne ne semble trop s’y intéresser.
Loin d’être surprenant, l’engagement de ces
deux avocats, opposants au régime en place à Lomé depuis
quatre décennies semble expliciter la position de l’UFC
et de l’ensemble des partis de l’opposition dans
cette affaire. «Nous ne soutenons pas l’homme.
Nous demandons tout simplement que tout se passe de façon
régulière et dans le respect de ses droits»,
dixit un responsable de l’opposition parlementaire qui
précise qu’il n’ignore pas que le présumé coupable
est également cité dans les tueries d’avril
2005 qui ont porté Faure Gnassingbé au pouvoir.
Au-delà de cet engagement de l’opposition et de ces
deux avocats, tout porte à croire que les nombreux avocats
proches du régime ne sont pas disposés à défendre
Kpatcha Gnassingbé ou que ce dernier ne leur fait pas
suffisamment confiance pour le sortir des griffes de ses amis
du système fondé et entretenu par son père,
Eyadèma Gnassingbé.
Marc D.KOUAKANI-ASSI, Golfe Info
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