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- Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses?

 

Louis Michel = Jacques Chirac: politique de complaisance, soutien aux dictatures

Tant pis pour les aspirations légitimes des peuples africains à la démocratie

Le belge Louis Michel, Commissaire européen au développement et à l'action humanitaire joue un jeu trouble dans le dossier politique togolais.

Longtemps, ce sinistre personnage, véritable appui aux dictatures tiers-mondistes, s'illustre par sa propension à mettre du feu dans des dossiers déjà brûlants et complexes pour narguer des responsables politiques et donner du grain à moudre aux populations des pays déjà plombés par une dette extérieure et intérieure exorbitante essentiellement provoquée par la gestion calamiteuse des revenus par des dictateurs.

Ce diplomate atypique, qui au sein même de son parti en Belgique, le MR (Mouvement réformateur) très libéral, réussit à mettre tout le monde d'accord qu'ils ne sont pas d'accord, celui que les militants n'ont pas hésité à sanctionner par l'élection de son vice président à la tête du parti, semble trouver prédilection dans des pays en butte à des difficultés politiques, économiques et humanitaires.

Au Congo Kinshasa, les déclarations de complaisance de ce commissaire à l'endroit du pouvoir de Kabila fils, avait fini par irriter son successeur à la tête du ministère des Affaires Etrangères belge, Karel De Gucht, qui n'a pas hésité à critiquer l'opacité dans la gestion de la transition du président congolais et affirmer sa rupture avec les méthodes et pratiques de M. Michel.

Dans cette perspective, M. De Gucht avait déclaré qu'il fallait finir avec les déclarations égoïstes et complaisantes pour taper du point sur la table afin de faire évoluer la démocratie et les droits de l'homme dans les pays pauvres. Ce faisant, ces pays pourraient mieux se gouverner et tendre vers un développement, ce qui freinerait les incessantes aides au développement qui leur sont destinées, alors que de plus en plus, l'Europe se confronte à des crises sociales sans précédent et une grande partie de ses ressortissants frappée par la précarité.

Cette rupture avec les habitudes de M. Michel, très appréciée par les opposants au pouvoir en RDC, avait créé un froid diplomatique entre Bruxelles et Kinshasa. Mais la résistance du ministre belge a fini par donner un coup de fouet aux avancées démocratiques notables qu'on apprécie aujourd'hui de l'autre côté du fleuve Congo.

C'est dire en somme que Louis Michel est plus apte à tirer des dividendes dans les pourrissements des situations politiques dans les pays du tiers-monde.

En son temps, le français Bernard Kouchner s'était montré très prompt à aider les populations des pays sinistrés et en proie à des conflits fratricides et à des dictatures à se prendre en charge et à sortir des carcans de précarité. Il a fait cet exercice sans tambours ni trompettes, et le monde entier le lui reconnaît bien. Mais notre Michel international, de déclarations fracassantes en appuis aux régimes décriés pour leur bestialité, ne fait qu'augmenter les tensions dans des situations déjà tragiques.

Que dire alors de ses sauts d'humeur au sud Soudan, refusant de condamner les Djandjawids, cette tribu, soutien du tyran Deby Itno du Tchad et véritable bourreau des animistes et chrétien de cette région? De sa complaisance vis-à-vis du régime de Kigali, alors que d'après plusieurs observateurs et rescapés du génocide rwandais, l'épuration de Kagamé déguisée en traque de génocidaires, risque de plonger à nouveau ce pays dans l'abîme? De ses thèses visant à demander l'aide et l'apport financier européen pour des pouvoirs opaques et hostiles aux changements démocratiques au nom d'une assistance aux populations, aide en réalité détournée vers les caisses des pouvoirs politiques?

Le cas Michel est donc un cas pathologique, aidé en cela par la chiraquie dont on connaît la propension à soutenir des régimes fascistes et des milieux obscurs en récompense d'espèces sonnantes et trébuchantes et d'avantages en tous genres. Louis Michel se retrouvant dans cette même logique, le syllogisme aristotélicien trouve sa valeur aboutissant à une même conclusion: Chirac (majeur) = Michel (conclusion).

Dans le cas du Togo, les deux sont des inconditionnels du clan qui régente ce pays. Lors de leur rencontre en novembre 2004 avec le chef de fil de ce clan au pouvoir Faure Gnassingbé à Bamako, ils n'ont pas hésité à lui apporter tout leur soutien tout en lui conseillant d'initier un dialogue aux contours non déterminés afin de le faire valoir comme une volonté politique de rupture avec le système despotique érigé en méthode de gouvernement par son géniteur pour faire croire à l'opinion internationale que les choses se normalisent dans un pays sinistré par quatre décennies de pouvoir militaro-fasciste.

Il est inutile de préciser que toute cette astuce a été mise en route par les réseaux mafieux de Chirac incarnés par Michel de Bonnecorce, qui devient les conseils d'un pouvoir despotique décrié et rejeté par le peuple togolais.

Il n'y a pas longtemps, ce Michel Louis affirmait à notre rédaction que «sa» commission ne cautionnerait aucune «élection sans une transition politique au Togo». Grand fut alors l'étonnement des togolais lorsque sur les ondes d'une radio locale, Radio Nostalgie, il pousse le peuple vers des élections législatives alors que le contentieux né de la présidentielle d'avril 2005 couronné par des centaines de morts d'après une enquête diligentée par l'ONU, reste non vidé et que les termes d'une transition ne sont pas encore définis.

Doit-on comprendre par cette déclaration que le massacre d'innocents togolais qui n'ont pour seul tort que de réclamer la vérité sur leur vote, passe pour pertes et profits? Si c'est une caution tacite au clan Gnassingbé, on est en droit de se poser de sérieuses questions sur la moralité de ce monsieur et l'on est en droit de se demander s'il comprend en fait la signification de «action humanitaire» dont il se targue de diriger le département à la commission européenne.

Lors de l'exil de dizaine de milliers de togolais vers le Bénin et le Ghana suite à la boucherie électorale d'avril 2005, alors que le Haut commissariat aux réfugiés tirait sur la sonnette d'alarme en prévision d'une probable catastrophe humanitaire, Louis Michel Commissaire à «l'Action humanitaire» (sic) est resté insensible aux souffrances des exilés et muet comme une carpe devant les témoignages de ceux qui ont été victime de la chasse à l'homme dans les différentes régions du Togo. Qu'a-t-il fait pour soulager les souffrances de ces populations en proie à la sauvagerie humaine?

Face à plus de 50.000 déplacés, il est resté dans ses bureaux de Bruxelles, enjoignant à ce même peuple d'accepter la médiation d'un Moustapha Niasse dont la réputation d'être un personnage lige n'est plus à démontrer, alors que Kofi Annan proposait la rigueur de travail de l'Algérien Brahimi dans une crise aux relents purement inhumains.

Il nous souvient que fin mars dernier une mission de l'Union européenne conduite par l'Ambassadeur d'Autriche au Sénégal, Gerhard Weimberger, avait séjourné au Togo aux fins d'évaluer la mise en œuvre des 22 engagements. Pour ce faire, elle avait eu des séances de travail avec le gouvernement, les principaux partis politiques, les organisations de la société civile ainsi que les ambassadeurs accrédités au Togo.

D'après les confidences du diplomate autrichien, le problème togolais dépasse le cadre des 22 engagements pris depuis 2004 à Bruxelles étant entendu que la situation politique a considérablement évolué au regard du décès du dictateur Eyadèma, garant de ces engagements et de la parodie électorale de l'année dernière. Pour lui, la nécessité de repenser le problème togolais s'impose si l'on inclut les nouveaux acteurs du coup de force de février 2005, la participation au gouvernement de certains partis politiques signataires de l'accord cadre de 1999 sur la base duquel sont issus les 22 engagements et l'importance de la société civile qui s'est imposée dans le débat ces derniers mois.

C'est dire que le dialogue que la propagande RPT tance de national, regroupant l'ensemble des togolais et des forces politiques, est une galéjade dont les conclusions et les applications sont depuis belle lurette pensées et mises dans les tiroirs du tandem Faure-Bodjona au palais de la présidence.

Dans leur for intérieur, Agboyibo et Gnininvi sont conscients que le dialogue dont le premier prend plaisir à diriger les travaux en critiquant sur les ondes internationales tous ceux qui s'opposent à son déroulement et à ses prises de décisions, ne permettra pas de sortir le Togo du gouffre et de le réconcilier avec lui-même.

Et ce ne sont pas les réserves émises par l'UFC (l'Union des forces de changement) sur l'élection du directoire et la prise des décisions par vote, qui portent à croire que ce dialogue est sincère et franc.

Au regard de la composition des neufs délégations dont 7 sont presque acquises au pouvoir, il y a de sérieuses doutes que Me Agboyibo ne serve de dindon de la farce pour que le RPT joue sur son appartenance à l'opposition dite radicale au niveau international pour conclure que les assises ont été un succès, conduisant alors à des élections législatives pour légitimer le clan de Faure Gnassingbé.

Et Michel Louis et Chirac Jacques peuvent se glorifier d'avoir réussi le tour de force d'intégrer l'opposition dans le giron du RPT par sa participation à un gouvernement et de consacrer la reconnaissance internationale des voyous qui régentent la terre de nos aïeux pour ainsi ouvrir les vannes du Fonds européen de développement pour que les réfractaires au changement se sucrent à loisir de nouveau faisant agonir les populations dans la précarité.

Quoi qu'il en soi, il est impérieux de répéter comme le MO5 qu'une liberté ne se négocie pas, elle s'arrache. Lorsque chaque togolais aura fait sienne cette vérité, il sera clair donc que le dialogue tel qu'il est conduit n'est que farce et people.

Nono Mitonyawo, Rédaction Etiame.com

 

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