Première visite de Barack Obama en
Afrique:
Le Ghana remercié pour son exemple
en matière de démocratie
10 juillet 2009
Du 10 au 11 juillet 2009, le président noir des Etats-Unis,
Barack Obama, dont le père est un Africain originaire
du Kenya, se rendra, avec son épouse, Michelle, au Ghana
voisin. Même si le programme de ce séjour n'est
pas encore connu dans ses moindres détails, le déplacement
en lui-même est déjà un événement à plus
d'un titre: B. Obama est le chef de l'Etat du pays le plus puissant
de notre planète ; il est le premier Noir à occuper
ce poste; il effectue cette visite dans les premiers six mois
après son investiture ; il n'hésitera certainement
pas à bousculer certaines idées reçues concernant
l'Afrique et inviter les Africains à imiter les Ghanéens.
Avant d'évoquer la visite du président américain
au Ghana, il nous semble opportun de parler de son élection,
qui est loin d'être un thème dépassé,
tant, depuis la nuit des temps, cela n'était pas arrivé.
A l'échelle des Africains vivant aux Etats-Unis, c'est
peut-être l'occasion d'être à l'aise avec
les Africains-Américains et inversement, car nombre de
ces derniers avaient jusque-là une vision négative
des Africains pour deux raisons : la première, c'est que
s'ils sont aux Etats-Unis et connaissent le sort qui est le leur,
c'est la faute de leurs cousins africains. Ainsi, pour eux, ce
sont les ancêtres des Africains d'aujourd'hui qui ont vendu
leurs ancêtres aux esclavagistes européens.
Pour eux, pareil comportement est un péché originel
pour lequel même la descendance des Africains d'hier doit
payer. La seconde, c'est que pour beaucoup d'Africains- Américains,
Africain rime avec ignorance, boulot sale (assimilé à tort à sale
boulot) et couardise. Si bien qu'ils sont peu nombreux à vouloir
tisser des relations avec les Africains vivant aux Etats-Unis.
Or, voilà que quelqu'un dont le père est Africain
et qui revendique son appartenance à l'Afrique, même
si son père ne l'a pas aidé à connaître
l'Afrique pendant son enfance réussit à se faire élire
président des Etats-Unis. Du coup, un descendant de ceux
que certains Africains- Américains accusent d'avoir vendu
leurs ancêtres arrive et, comme pour réparer la
faute dont on accuse les Africains des 16e, 17e, 18e et 19e siècles,
se hisse à la tête de la première superpuissance
mondiale et réussit là ou un Africain-Américain
comme le révérend Jessie Jackson a échoué à cause
d'une opinion publique et d'une classe politique suffisamment
anti-Black à l'époque.
C'est comme si l'histoire disait ceci : c'est vous qui avez
vendu vos frères et qui les avez donc mis dans cette galère,
c'est par un des vôtres qu'ils relèveront la tête à travers
son élection à la magistrature suprême de
ce pays.
Quant au boulot sale, à l'ignorance, et à la couardise,
un Africain comme B. Obama prouve que si tout cela n'est pas
forcément faux, ce sont des clichés qui sont suffisamment
loin des réalités d'un Africain qui décide
d'aller à l'aventure. Le moins que l'on puisse dire, c'est
qu'il faut du courage et un certain savoir et savoir-faire pour
entreprendre d'aller travailler dans un pays comme les Etats-Unis.
Là aussi, le président aide les Africains- Américains à regarder
autrement les Africains. Ces deux exemples sont des symboles
suffisamment éloquents.
Bonne gouvernance certes, mais le Ghana mythique à l'honneur
On a coutume de dire que c'est la relative bonne gouvernance
et les alternances démocratiques réussies du
pays de Kwamé N'Krumah qui attirent les présidents
américains. Souvenez-vous qu'avant B. Obama, Bill Clinton
et George Bush s'y étaient rendus. Si on ne peut d'emblée
exclure ces deux éléments, il est réducteur
de tout ramener à ces deux points.
Souvenez-vous, comme on l'a appris à l'école primaire,
que c'est le pays d'un certain N. Krumah qui a étudié en
partie aux Etats-Unis, que le nom du pays fait référence à un
vieil empire africain qui s'étendait du Sahara au fleuve
Niger et du Sénégal à Tombouctou avec pour
capitale Ghana. Les deux royaumes qui le composaient étaient
Aoudaghost et Tekrum. Ca aussi, nombre d'Américains et
surtout B. Obama le savent.
Enfin, faut-il le rappeler aussi, beaucoup d'Africains-Américains
influents dont la vedette de télévision Oprah Winfrey
savent, à partir de leurs recherches généalogiques,
que leurs ancêtres sont originaires du Ghana actuel.
Cette dernière a été l'un des premiers
soutiens de poids de B. Obama pendant les primaires démocrates
alors que peu de personnes croyaient en ses chances. Cependant,
il faut reconnaître que même si ce n'était
que la relative bonne gouvernance du pays et les alternances
démocratique qui motivent les présidents américains à visiter
le Ghana, c'est tout de même une rétribution qui
mérite de faire tache d'huile.
Allafrica.com
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