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Enquête - Sport: Changement à la tête du CNOT:

Comment le Général Gnofame a été "balayé" du CNOT

16 juillet 2009

Le Gal Gnofame n'aurait-il pas dû démissionner pour éviter le ridicule dans lequel voulait le plonger le régime de Faure Gnassingbé?Le samedi 27 juin 2009, comme il fallait s’y attendre, le Gal Zoumaro Gnofame a été déposé par un autre Général par huit (08) maigres voix contre vingt-huit (28) pour son adversaire. Pareil événement n’avait jamais eu lieu sur la terre de nos aïeux, du temps de celui-là qui se considérait à tort ou à raison comme le géniteur des Forces Armées Togolaises (FAT). Depuis que la candidature du Gal Poutoyi Nabédé avait été annoncée, que d’interrogations sur les lèvres du public sportif et des Togolais en général? Avant la confrontation qui devait mettre à la touche le «grognard» comme on l’appelait, les esprits avertis excluaient dare-dare une éventuelle réélection de Gnofame à la tête du CNOT au soir du 27 juin.

Les nombreuses supputations nous ont poussés à investiguer dans l’entourage du désormais ex-président du Comité National Olympique Togolais (CNOT). Aujourd’hui, nous livrons les résultats de l’enquête autour du pourquoi de cette opposition FAT contre FAT, une situation qui met bien en relief la fissure, mieux, la division facilement perceptible au sein de la grande muette, même si l’on s’efforce sous des dehors trompeurs, de la dissimuler, depuis l’arrestation du demi-frère de Faure Gnassingbé, ex-ministre de la défense.

Général Nabédé contre Général Gnofame
Depuis que le Président Eyadèma avait décidé, on ne sait, piqué par quel mouche, de faire envahir presque tous les domaines de la vie socio-économique de notre pays par des hommes qui n’ont appris que le métier des armes, le CNOT depuis 14 ans est occupé par le Gal Zoumaro Gnofame, la FTF depuis une trentaine d’années par les Gnofame, Mèmène et Gnassingbé Rock (la parenthèse de Tata était un accident de parcours, peut-on dire), et la Fédération Togolaise d’Athlétisme depuis quelques années par le nouveau venu au CNOT.

Il faut le dire, en dépit de la défaillance du niveau d’instruction chez feu Eyadèma, ex-chef suprême des armées, pour consolider l’unité de l’armée nationale, il ne s’était jamais aventuré à opposer ses éléments dans l’arène, au point de les rendre ridicules auprès des civils. Il savait du moins bien manager sur ce terrain. Par exemple lorsqu’il s’était agi en 1998, de la venue de Rock Gnassingbé, alors capitaine, à la tête de la FTF, il n’avait pas été question que l’on opposât le Gal Séyi Mémène à ce dernier. Le premier avait démissionné par un montage comme l’on savait le faire sous Eyadèma et le RPT.

Pour des observateurs avisés, cette opposition du 27 juin n’était pas fortuite. C’était une occasion pour se débarrasser du «grognard» après service rendu en 2005. Certains parlent d’une stratégie pour mettre à l’écart les officiers supérieurs originaires de Bassar, comme ce fut le cas pour l’ex-chef d’Etat major Général des FAT, le Gal Zakari Nandja (du même village de Binaparba que le Gal Gnofame) qui fut poussé subrepticement vers la sortie, le débarras, pour ne pas trop donner l’occasion au public de le sentir comme tel. Pour notre part, nous ne le prenons pas ainsi. Toutefois, au prochain remaniement ministériel, Dieu seul sait si le nouveau Ministre de l’Assainissement ne sera pas complètement congédié. Sauf si Faure voudra se livrer à une gymnastique tendant à démentir tout le monde malgré lui.

Affaire Kpatcha Gnassingbé au menu
Selon les informations que nous avons recueillies de certains proches du Général, l’affaire Kpatcha aurait sûrement créé un certain froid ou un climat de méfiance depuis avril 2009. Rappelons que le Général Zoumaro Gnofame était l’un des piliers, sinon le principal de par son statut de plus âgé et le plus ancien dans le grade le plus élevé du quarteron d’officiers supérieurs des FAT et en tant qu’homme de confiance du défunt président, quarteron qui avait eu à porter en février 2005 au pouvoir le fils d’Eyadèma, en lui faisant allégeance. Toujours d’après nos informations, pour avoir joué un tel rôle qu’il savait pas du tout apprécié du peuple, il avait intérêt à voir les enfants de «son ami» en communion d’esprit et en parfaite entente. Cela signifie que le Gal Gnofame ne saurait, pour rien au monde, voir ceux qui, depuis l’appelaient affectueusement «Papa», surtout après la disparition de leur géniteur biologique, étaler sur la place publique leurs dissensions. Le linge sale, selon lui devrait toujours se laver en famille et non sur la place publique.

Naturellement ce qui venait de se passer dans la nuit du 12 au 13 avril 2009 ne pouvait qu’irriter ou faire honte à tout ce monde-là qui s’était affiché sur le petit écran dans la nuit du 5 février soi-disant faisant allégeance à Faure Gnassingbé, de gré ou de force. L’Homme de Binaparba, semble-t-il, se trouverait dans son village pour une affaire ou réunion de famille, lorsqu’il fut contacté par Faure pour l’informer de la situation. Il aurait aussitôt regagné Lomé. Par la route ou par air, nous ne le savons pas trop, mais toujours est-il que, très préoccupé par la situation, il ne tarda pas à se retrouver à Lomé et aux nouvelles.

Après avoir pris attache avec Faure qui lui aurait donné toutes les informations nécessaires, il aurait, naturellement reproché à ce dernier l’attaque du domicile de son demi-frère. Pareil reproche, semble-t-il que le destinataire ne l’aurait pas apprécié considérant qu’il ne pouvait pas faire autrement dans une pareille situation. Le vieux se fâcha, laissant entendre à son interlocuteur, qu’il n’a qu’à faire comme il veut.

Il y a lieu de conclure que, du moment où le vieux et père spirituel de Faure n’était pas sur la même longueur d’onde au sujet de cette affaire d’arrestation de Kpatcha Gnassingbé, la méfiance ou la brouille ne pouvait que s’installer. Mais au point où l’on retrouve, contrairement à ce qui avait toujours eu cours du temps d’Eyadèma, deux Généraux en compétition l’un contre l’autre au Togo? Cela ne s’était jamais vu. De là à passer à une déduction selon laquelle, le sommet aurait décidé d’écarter l’ancien patron du CNOT il n’y a qu’un pas que nous avons vite franchi.

Le Gal Gnofame aurait dû faire le vide
«Il y a une vie après le palais», disait-il y a quelques jours, l’apparemment sage Abdou Diouf, ancien Président du Sénégal et actuel SG de la de la Francophonie, faisant allusion à Tandja Mamadou qui a complètement perdu le réseau et peut-être un boulon au niveau du cortex cérébral.

L’un des neveux du Président sortant du CNOT semble sagement s’inscrire dans la même logique. «C’est bien fait pour mon oncle aussi! Si j’avais été à sa place, j’aurais démissionné, du moment où je savais que le Gal Nabédé était mon challenger! Le Général devrait savoir que Nabédé Poutoyi n’avait pas volontairement choisi de l’affronter de lui-même et Nabédé lui-même sait que Eyadèma n’avait jamais permis pareille chose». Et d’ajouter: «Au lieu de partir la tête haute, voilà! Et c’est bien fait pour lui.»

Cette analyse d’un proche du Gal Zoumarou Gnofame se passe de commentaire et nous préférons laisser le choix à chacun d’apprécier. Nous n’avons aucune animosité à l’égard du désormais ancien Président du CNOT, au contraire. Nous avons tenu à mettre ceci sur la place publique, afin qu’il serve de leçons à d’autres. Partir pendant qu’il est encore temps. Car, effectivement il y a une vie après les harassantes préoccupations d’ordre public. Que cela serve au moins de leçons à d’autres.

Alain SIMOUBA


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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