Togo: Début d’accord entre
RPT et Opposition à Ouaga:
Le Rpt se fera-t-il violence pour respecter
les accords?
10 août 2009
Dans la nuit du 08 août 2009, un début d’accord
a été trouvé dans la capitale burkinabé,
Ouaga entre le Rpt et les deux principaux partis de l’opposition
togolaise sous l’égide du président burkinabé Blaise
Compaoré.
L’essentiel de ce début d’accord porte sur
la recomposition et les prérogatives de la Commission électorale
nationale indépendante (CENI), organe chargé d’organiser,
de superviser et de proclamer les résultats des élections
au Togo. Si l’ensemble des partis politiques de l’opposition
(UFC_CAR) se disent pour l’instant satisfaits de cet accord,
il n’en reste pas moins que sa concrétisation se
fasse dans les termes de l’accord, connaissant l’habitude
du RPT à s’asseoir sur des accords signés
de commun accord avec les représentants du peuple togolais.
En attendant d’être en possession du libellé de
l’accord signé samedi 08 août dernier, voici
la mouture soumise par l’UFC et le CAR à la facilitation
et dont l’essentiel se trouve contenu dans l’accord
de Ouaga.
La plate-forme soumise à la facilitation par
l’UFC et la CAR
1- La CENI et ses démembrements
Il ressort de la décision de la Cour Constitutionnelle
N°C-003/09 en date du 09/07/09, que l'Assemblée Nationale «ne
saurait se substituer aux partis politiques extra-parlementaires
et aux organismes de la société civile qui devraient,
chacun en ce qui le concerne, trouver les procédés
qui leur conviennent pour le choix de leurs représentants».
Toutefois, en recommandant par ailleurs à ces entités,
la règle du consensus prescrite par l'APG, pour le choix
de leurs représentants, alors que ces entités ne
st pas organisées comme telles, la directive de la Cour
constitutionnelle risque de constituer une source de difficultés
susceptibles d'aggraver l'impasse actuelle.
C'est en voyant venir ces difficultés que le CAR et l'UFC
estiment, qu'à défaut de s'en tenir strictement
aux points d'accord sur la composition de la CENI telle que convenue à l'issue
des travaux du CPDC initial, la CENI et ses démembrements
soit composées comme suit:
1-1 CENI
º Majorité parlementaire: 5 membres
º Opposition parlementaire: 5 membres
º Partis extraparlementaires: 2 membres parrainés
en raison d'un (01) par la majorité présidentielle
et d'un (01) par l'opposition parlementaire
º Société civile 2 membres parrainés
en raison d'un (01) par la majorité présidentielle
et d'un
(01) par l'opposition parlementaire
º Administration 1 membre sans voix délibérative
et non éligible
Présidence: Les membres élisent le président
en leur sein par consensus. Les deux (02) partis réaffirment
leur volonté de voir un membre de l'opposition parlementaire
présider la CENI, pour une fois.
1-2 CELI
º Majorité parlementaire: 2 membres
º Opposition parlementaire: 2 membres
º Partis extraparlementaires: 2 membres parrainés
par la majorité présidentielle et l'opposition
parlementaire
º Présidence 1 magistrat du siège désigné par
la CENI sur la liste nationale des magistrats où à défaut
50% majorité et 50% opposition
º Administration pas de représentant
1-3 CLC et BV
º Majorité parlementaire: 2 membres
º Opposition parlementaire: 2 membres
º Partis extra-parlementaire: 2 membres parrainés en raison d'un
(01) par la majorité présidentielle et d'un (01) par l'opposition
parlementaire
º Présidence 50% majorité et 50% opposition
º Administration pas de représentant
2- Mode de scrutin
Les deux délégations confirment leur option du
scrutin uninominal à deux tours.
3- Conditions d'éligibilité
Les deux dispositions introduites unilatéralement dans
la Constitution sont discriminatoires et antidémocratiques.
Certaines dispositions du Code électoral ne sont pas prévues
dans la
Constitution initiale du 14 octobre 1992.
3-1 Nationalité
Nationalité togolaise et non «exclusivement
togolaise de naissance».
3-2 Résidence
Comme pour les élections législatives, supprimer
le critère discriminatoire de résidence.
3-3 Quitus fiscal
Cette condition est anticonstitutionnelle et doit être
supprimée comme pour les élections législatives.
4- Procédure de traitement et d'authentification
des résultats dans les BV, les CELI, la
CENI et la Cour Constitutionnelle
Une procédure claire et détaillée doit être
définie pour le traitement et l'authentification des résultats:
º dans les bureaux de vote,
º dans les CELI,
º à la CENI et
º à la Cour constitutionnelle.
5- Publication de résultats partiels et globaux
Tous résultats, partiels ou globaux, authentifiés
et affichés peuvent être diffusés par tous
moyens appropriés.
Les autorités publiques doivent prendre toutes les mesures
nécessaires pour éviter l'interruption des communications
et de la fourniture de l'énergie.
6- Sécurisation, authentification et traçabilité du
bulletin unique de vote
6-1 Sécurisation: le bulletin de vote doit être
sécurisé avec des spécifications techniques.
6-2 Authentification: l'authentification du bulletin doit être
réalisée par signature de deux membres du bureau
de vote de sensibilité différente, tirés
au sort.
6-3 Traçabilité: l'origine du bulletin doit pouvoir être
vérifiée par l'adoption de bulletin à souche.
7- Transport des résultats
La CENI doit s'assurer de la mise à disposition de moyens
de transport pour acheminer en toute sécurité,
les résultats des Centres de Vote vers les CELI.
8- Observations nationale et internationale et couverture
médiatique
La liste des observateurs internationaux et de la presse internationale
est arrêtée par la CENI et transmise pour accréditation.
Les observateurs nationaux sont accrédités par
la CENI.
9- Votes spéciaux
Les votes spéciaux ont toujours été l'occasion
d'irrégularités et d'abus de toutes sortes relevées
depuis des années dans tous es rapports des missions d'observation électorale.
C'est un point de désaccord qui a été confié au
chef de l'Etat président du CPDC originel. L'UFC et le
CAR demandent d'aider à trouver une solution.
9-1 Votes par anticipation des forces de sécurité et
de défense
Conformément aux recommandations du séminaire organisée
par la Cour Constitutionnelle en
Mars 2009 à Lomé, le vote par anticipation des
forces de sécurité et de défense (article
137 du
Code électoral) devra être supprimé.
9-2 Votes par procuration et par dérogation
Les deux partis proposent que les procurations soient délivrées
par les présidents des CELI après approbation des
membres.
L'article 131 du Code électoral doit être réécrit.
10- Création de CELI supplémentaires
Pour les mêmes raisons que celles qui ont motivé l'augmentation
du nombre de CELI dans la commune de Lomé, il convient
de porter à deux, le nombre de CELI devant opérer
dans la préfecture du Golfe.
11-Recomposition de la HAAC
La HAAC doit être recomposée sur une base consensuelle.
12- Audit du fichier électoral et procédure
consensuelle de révision des listes électorales.
Le choix des prestataires de services en informatique pour la
révision et l'établissement du fichier électoral
doit s'opérer selon une procédure d'appel d'offres
transparente.
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