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Résolution des crises en Afrique de
l’ouest:
Blaise Compaoré: Le pompier pyromane
19 août 2009
Le 16 février 2009 s’ouvrait, au Burkina Faso,
la sixième réunion du Comité d’évaluation
et d’accompagnement de l'Accord politique de Ouagadougou
qui mit officiellement fin aux hostilités ivoiro-ivoiriennes
déclenchées en 2002. Au programme : l’arlésienne élection
présidentielle qui devrait solder le quinquennat de neuf
ans du président ivoirien Laurent Gbagbo. Après
les accords de Lomé, Linas-Marcoussis-Kléber, Accra
I, Accra II, Pretoria I et Pretoria II – et des prises
de langue stériles à Abuja, Addis Abeba ou New
York - c’est le président burkinabè, Blaise
Compaoré qui se trouve conforté dans son rôle
de facilitateur du dialogue direct inter ivoirien. Ironie du
sort…
Le 19 septembre 2002, c’est “Ouaga” que quittent
les apprentis putschistes ivoiriens pour déferler sur
la route d’Abidjan. Et c’est dans la capitale burkinabè que
reste tapi en embuscade leur “Massoud”, le sergent
chef Ibrahim Coulibaly dit “I.B.”. Son idole Blaise
Compaoré est-il son parrain? Le président ivoirien
n’en doute pas. A mots à peine couverts, il promet
le «feu du ciel» à ses voisins du
Nord. Plus officiellement, il s’égosille en direction
de l’Elysée, arguant que «cette agression étrangère» justifie
l’application des accords de défense franco-ivoiriens
hérités du 24 avril 1961. Le sang des soldats français
de l’opération Licorne coulera en Côte d’Ivoire.
Et la sueur de Dominique de Villepin…
Le président burkinabè serait donc le mister Hyde
de la déstabilisation et le docteur Jekyll de la “facilitation”.
Il est aujourd’hui faiseur de paix au Togo, arbitre courtisé par
la rébellion touareg du Mali et du Niger, “fournisseur” de
médiateur conjoint ONU-UA au Darfour. Mais l’ancien
putschiste est accusé d’avoir entretenu la guerre
au Liberia, d’avoir épaulé son ami Charles
Taylor derrière la rébellion de Sierra-Leone ou
encore d’avoir approvisionné militairement le rebelle
angolais Jonas Savimbi. En privé, un diplomate avisé soutenait
même, en 2005: «Si le Burkina a la main dans
le pot de confiture ivoirien, il a également un doigt
dans le pot de confiture mauritanien». Le président
de la Mauritanie Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya venait d’être
renversé…
Tout sourire, du fond de son tout nouveau palais du quartier
de Kossyam, l’insondable président du Burkina Faso
peut se persuader qu’il était légitime de
venger les émigrés burkinabè qui furent
les victimes collatérales, au début des années
2000, du concept nationaliste d’Ivoirité. Le président
Gbagbo qui joue la montre sur le terrain électoral peut
méditer, lui, le proverbe ouest-africain qui enseigne: «Si
tu n’as pas la force de ton cambrioleur, aide-le à porter
son butin».
Par Damien Glez
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