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Le GRAD fait des propositions pour les prochaines élections
au Togo:
Les Enjeux de 2010 et le rôle de
la société civile togolaise
25 août
2009
Introduction
En
2010, le processus de démocratisation
au Togo aura 20 ans. Déclenché le 5 octobre 1990 par la contestation
de la jeunesse togolaise du régime autoritaire du parti
unique, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), cette contestation
sera relayée, à travers tout le Togo, par un soulèvement
populaire de revendication de l’instauration de la démocratie
et de l’Etat de droit. Poser, aujourd’hui, le problème
des enjeux de 2010 revient, indubitablement, à faire le
bilan de ce processus de démocratisation et voir si le
changement de régime tel que revendiqué par le
peuple togolais est atteint. Sans se tromper, la grande majorité des
Togolais répondra non. Dans ce cas, l’année
2010, année de l’élection présidentielle
constitue-t-elle une étape décisive dans ce processus?
Certainement oui.
I. Bilan du processus de démocratisation
Tous les Togolais qui aspirent ardemment, depuis bientôt
vingt ans, à la liberté, à la démocratie, à l’Etat
de droit et au progrès économique et social sont,
aujourd’hui, très inquiets. Ils sont, à juste
titre, inquiets si l’on considère toutes les occasions
manquées qui ont marqué ce processus de démocratisation
et la stratégie de conservation du pouvoir toujours pratiquée
par le RPT. Nous pouvons compter les nombreux accords signés,
sous l’égide de la communauté internationale,
entre le pouvoir en place et les partis politiques de l’opposition
en vue de la mise en place d’institutions démocratiques
crédibles. Ces accords n’ont guère été respectés
par le pouvoir. Des élections mal organisées de
manière à contraindre l’opposition à ne
pas y participer ou, si celle-ci se décidait à y
participer, elles sont marquées par de nombreuses anomalies
et irrégularités qui, le plus souvent, se terminent
par des coups de forces électoraux et des violences. Nous
pouvons prendre le temps d’énumérer les fraudes
et les victoires volées au peuple togolais qui ne désire
que le changement du système politique actuel. Mais la
question qui se pose à l’heure du bilan est la suivante
: la responsabilité de l’échec du processus
de démocratisation incombe-t-elle uniquement au pouvoir
en place ? Il nous semble que l’honnêteté intellectuelle
requiert que l’on reconnaisse également la part
de responsabilité de l’opposition démocratique.
En effet, le fait que cette opposition, face à la soif, à la
détermination et à l’aspiration profonde
du peuple togolais de se libérer d’un système
politique qui, des années durant, l’a opprimé,
n’a jamais su présenter un véritable front
uni pour affronter le pouvoir, explique l’échec
répété du processus démocratique
et, par conséquent, le maintien du régime actuel.
Par ailleurs, l’implication malencontreuse des gouvernements
de certains pays étrangers, notamment, ceux de la sous
région ouest africaine ainsi que celle des organisations
internationales qui accompagnent le Togo dans ce processus est, également, à mettre
en cause. Les gouvernements de ces pays et ces organisations
internationales, en raison de leurs intérêts géostratégiques
et géopolitiques, et, au nom d’une certaine stabilité politique
dans la sous-région, ferment les yeux et acceptent sans
se gêner, l’injustice flagrante souvent commise à l’égard
du peuple togolais. La plus grande inquiétude des Togolais,
provient d’un autre processus qui, depuis le 5 février
2005, se substitue au processus démocratique. Il s’agit,
vous vous en doutez, du processus de « monarchisation » de
la République togolaise. Retenez que l’hérédité a
toujours précédé et fondé le pouvoir
absolu des monarques. Les Togolais sont-ils prêts à sacrifier
les principes républicains et démocratiques pour
lesquels certains ont déjà versé leur sang
pour une monarchie héréditaire qui ne peut que
les conduire à la tyrannie ? Non. Le GRAD ne le croit
guère. Les Togolais doivent, par conséquent, se
lever comme un seul homme pour barrer, de façon irrémédiable,
la voie à ce processus-là.
II. Enjeux
Parler des enjeux de 2010, plus précisément, en
d’autres termes, de l’élection présidentielle
de 2010, revient alors à résoudre la problématique
: Le Togo sera-t-il demain une république, un Etat démocratique
ou un Etat gouverné comme une monarchie, fût-elle
une monarchie constitutionnelle? L’un des enjeux de 2010,
point n’est besoin de le dire, c’est de refuser de
choisir l’option de la monarchisation de la République
togolaise. En termes clairs, il s’agit de ne pas légitimer
un pouvoir usurpé le 5 février 2005 avec la complicité active
de la haute hiérarchie militaire, des gouvernements de
certains pays étrangers, de certains Chefs d’Etat
de la sous-région ouest africaine et, notamment, de certains
hauts responsables de la Communauté économique
des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Vous
saisissez bien l’importance de l’enjeu de l’élection
de 2010. C’est un enjeu redoutable, un grand défi
au peuple togolais et, surtout, aux forces montantes de notre
pays, c’est-à-dire à sa jeunesse. Car, elle
sera déterminante pour l’avenir proche et lointain
de notre cher pays, de notre chère patrie, le Togo.
C’est pourquoi, le Groupe de Réflexion et d’Action
pour le Dialogue, la Démocratie et le Développement
(GRAD) lance un appel pressant à toutes les forces progressistes
et démocratiques du Togo, à l’intérieur
comme à l’étranger, à quelque parti
politique et organisation de la société civile
qu’elles appartiennent, pour se donner la main en se serrant
les coudes et en se fondant dans un grand front uni, pour créer
la dynamique d’un grand mouvement en vue de bien organiser
l’élection de 2010 dans la transparence pour enfin
arracher la victoire. Cette victoire doit mettre fin à la
velléité de monarchisation du pouvoir en cours
au Togo. Les événements récents dont l’ultime
but est la prise effective du pouvoir d’Etat et sa consolidation
par l’une des factions du clan qui dirige le Togo sont
là pour en témoigner. Dans le sillage de ces événements,
la politique d’instrumentalisation de la population a déjà commencé avec
des meetings et des marches de soutien avec, comme toujours en
tête, les chefs traditionnels. L’Election présidentielle
de 2010 doit donc ouvrir une nouvelle ère au Togo, celle
de la liberté, d’une véritable démocratie
et d’un véritable Etat de droit. Elle doit, dans
la vision du GRAD, marquer le début d’une véritable
transition politique pour permettre au peuple togolais de choisir,
grâce à la mise en place d’une Assemblée
constituante, le type de régime politique qui correspond
le mieux à son aspiration profonde.
III. Rôle de la société civile
A. Conditions d’une élection libre, transparente
et crédible
Le GRAD, incontestablement, se classe parmi les forces progressistes
et démocratiques du Togo. En tant qu’organisation
de la société civile engagée, il entend
jouer un rôle déterminant dans le processus électoral.
Mais seul, son action n’aura ni la portée, ni l’efficacité,
qu’on peut en attendre. C’est pourquoi, de tout temps,
il s’est fixé pour objectif de promouvoir la création
d’un réseau des organisations de la société civile
poursuivant les mêmes buts que lui, à savoir, le
changement du système politique actuel, en vue de l’instauration
d’un véritable système politique démocratique
et de progrès. L’incertitude qui pèse actuellement
sur l’organisation d’une élection présidentielle
transparente donne au GRAD, l’occasion de réaffirmer
cet objectif. La mise en place de ce réseau passe, de
toute évidence, d’abord, par l’identification
de ces organisations, et, ensuite, par la définition d’une
plateforme des actions à mener ensemble pour opérer
ce changement. Ce réseau doit constituer le fer de lance
d’un mouvement de toutes les forces progressistes et démocratiques
du Togo qui doit, au demeurant, les conduire à la victoire
en 2010. Dans la définition de la plateforme et de sa
mise en œuvre, il y a des actions à mener aussi
bien en amont qu’en aval du processus électoral
afin de garantir la transparence et la crédibilité du
scrutin. En amont comme en aval, il s’agit de s’organiser
et d’agir, dès maintenant, pour pouvoir déjouer
toutes les stratégies et manoeuvres qui seront mises en
place par le pouvoir afin de gagner, une fois encore, frauduleusement,
l’élection de 2010. Ce sera le plus grand malheur,
il faut le dire franchement, qui puisse arriver à notre
pays. Quelles sont alors les dispositions à prendre et
les actions à mener par les organisations de la société civile
pour écarter ce malheur ? Le GRAD, en s’inspirant
des élections passées fait des constats et des
propositions.
B. Constats
Organiser des élections libres, transparentes et crédibles
au Togo, relève d’une entreprise difficile. Nous
n’en voulons, pour preuve, que les rapports des missions
d’observation des différents scrutins, notamment
ceux de l’Organisation des Nations Unies (ONU), de l’Union
européenne (UE), du Parlement européen (PE) et
de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Ces missions ont souligné les anomalies et les irrégularités
qui ont entaché l’organisation et le déroulement
de ces scrutins et formulé, en conséquence, à l’endroit
des autorités politiques et de la classe politique togolaise,
des recommandations pertinentes afin qu’à l’avenir
les élections soient mieux organisées. L’Accord
politique global (APG) signé le 20 août 2006 à l’issue
du dialogue intertogolais a, outre les réformes constitutionnelles
et institutionnelles, défini, s’agissant de la nouvelle
assemblée nationale, les dispositions « pour un
processus électoral transparent, juste et démocratique ».
Le GRAD, en anticipant les échéances électorales
de 2010 et de 2012, a, dans un mémorandum intitulé « Oeuvrons
ensemble pour une véritable société démocratique »,
procédé à l’état des lieux
de la mise en œuvre des recommandations des différentes
missions d’observation ainsi que les dispositions pertinentes
contenues dans l’APG en vue d’une meilleure organisation
des élections législatives qui étaient prévues,
et, au-delà, des autres scrutins à venir. Le GRAD
a, dans ce mémorandum, fait des recommandations à l’endroit
des autorités politiques, de la classe politique et des
organisations de la société civile dans le but
d’amener tous les acteurs de la scène politique
togolaise à mieux s’organiser, avant ces deux échéances
capitales pour l’avenir politique de notre pays, en prenant,
notamment, les dispositions qui s’imposent.
De l’avis du GRAD, le constat que nous pouvons faire,
aujourd’hui, à quelques mois de l’échéance
de 2010, est amer. Car, en parcourant ce mémorandum on
se rend compte que beaucoup de choses restent encore à faire
notamment, les réformes constitutionnelles et institutionnelles.
Et, il y a des appréhensions, qu’à l’instar
des scrutins passés, des défaillances graves ne
conduisent encore à des fraudes massives. D’ores
et déjà nous avons tous constaté le blocage
systématique organisé par le RPT au niveau du Cadre
permanent de dialogue et de concertation (CPDC). S’il est
vrai, comme le prétend ce parti, le CPDC n’est qu’un
organe consultatif, il n’en demeure pas moins que la meilleure
façon d’organiser l’élection présidentielle
de 2010 pourrait être discutée au sein de ce cadre
et trouver un consensus sur les points sensibles afin de permettre
aux organes compétents ou délibérants de
prendre des décisions idoines. Point n’est besoin
de rappeler le sort qui est réservé à la
loi sur le code électoral qui, par des manœuvres
malsaines a pu être passée en contrebande par le
pouvoir. L’avis d’inconstitutionnalité de
la procédure suivie, formulé par la Cour Constitutionnelle
suite à la requête de l’Union des Forces du
Changement (UFC) n’a pas réussi à la dédouaner.
L’élargissement du CPDC aux partis politiques non
représentés à l’Assemblée nationale,
en dépit de l’arbitrage du facilitateur au niveau
du Comité de Suivi, n’a pas connu d’issue
et constitue, de ce fait, une pierre d’achoppement. Sans
doute que d’autres surprises restent à venir. Si
les consultations récentes du Président Blaise
Compaoré des partis signataires de l’APG et les
négociations des partis politiques représentés à l’Assemblée
nationale ont permis à ces partis de s’accorder
sur les modifications à apporter à certaines dispositions
de la constitution et du code électoral, il n’en
reste moins, cependant, que la disposition constitutionnelle
qui doit conférer au prochain scrutin un caractère
véritablement démocratique, face à la multiplicité de
candidatures, a été renvoyée aux calendres
grecques. Il s’agit, en l’occurrence, du mode de
scrutin à deux tours. Compte tenu de l’enjeu de
l’échéance de 2010, toutes les forces progressistes
et démocratiques du Togo, à l’intérieur
comme à l’extérieur doivent se tenir prêtes
pour exiger par tous les moyens légaux possibles, le mode
de scrutin à deux tours. C’est un devoir civique,
car, il faut éviter, face à une multitude de candidats,
que le Président de la République ne soit élu
par une minorité de suffrages.
C’est au regard de ce constat, pour ne pas connaître
des déboires au lendemain de cette élection qui
constitue un enjeu majeur pour l’avenir de notre cher pays,
le Togo, que le GRAD entend s’impliquer au plus haut degré dans
le processus électoral. Sa contribution, compte tenu du
temps qui reste à courir avant avril 2010, consiste à indiquer
quelques dispositions de vigilance à prendre, autant que
possible, dès maintenant.
C. Dispositions
1. Le cadre électoral
Dans le cadre de l’élection présidentielle
de 2010, les partis politiques et les organisations de la société civile
devraient, normalement, s’efforcer d’obtenir, des
autorités politiques, un meilleur cadre électoral
du point de vue constitutionnel, législatif et réglementaire
en vue d’assurer la transparence du scrutin. Suite aux
négociations de Ouagadougou, un projet de loi sur le code électoral
sera déposé à l’Assemblée nationale
en tenant compte, d’une part, des modifications proposées
dans le mémorandum signé par les parties prenantes,
et, d’autre part, de l’avis de la Cour constitutionnelle.
Conformément à ce mémorandum, une nouvelle
CENI sera mise en place. Rappelons ici que les anciennes
CENI n’ont présenté jusqu’à ce
jour, aucun rapport aussi bien sur l’élection du
24 avril 2005 et les élections législatives du
14 octobre 2007 afin d’y relever les anomalies, irrégularités
et difficultés rencontrées dans l’accomplissement
de leur mission. Ce qui devrait normalement permettre à la
nouvelle CENI de mieux organiser le futur scrutin. Le GRAD demande
que ces rapports soient remis à la nouvelle CENI et rendus
public. Toutefois, hormis cette exigence, les partis politiques
et les organisations de la société civile ont une
double action à mener, exiger d’abord que ce cadre
soit amélioré et conforme aux pratiques internationales,
et, ensuite parallèlement, entreprendre un travail de
terrain pour résoudre un certain nombre de difficultés
connues.
2. Problèmes à résoudre en amont
: Etablissement du fichier électoral et vérification
du système informatique de centralisation des résultats
L’introduction des kits dans le processus de recensement
des électeurs constitue, certes, un élément
de progrès et d’une meilleure maîtrise du
fichier électoral. Toutefois, si des dispositions ne sont
pas prises, il est certain, par des manipulations, il peut devenir
le lieu privilégié des fraudes massives. Des cas
d’électeurs fictifs et de bulletins pré votés
ont été constatés lors des scrutins passés.
Pour un scrutin transparent, équitable et crédible
de l’échéance présidentielle de 2010,
les organisations de la société civile et toutes
les forces progressistes et démocratiques doivent se mobiliser
pour revendiquer leur implication dans un certain
nombre d’activités.
Il est indispensable que les organisations de la société civile
revendiquent et obtiennent avant l’élection, l’audit
du fichier électoral et la validation du système
informatique de centralisation. La validation ou
la fiabilité du fichier électoral, et celle du
système informatique de centralisation des données
des CELI ne peuvent être prononcées
que par une expertise de qualité mise en place conjointement
par le pouvoir, l’opposition et les forces progressistes
et démocratiques. Cette expertise qui passe par
un organe technique de certification aura préalablement défini
les indicateurs de contrôle conformément aux normes
standards appropriées de International System Organisation
(ISO). L’expertise de qualité doit certifier
que les données d’entrée du système
de centralisation sont conformes aux données de sortie.
Les activités des organisations de la société civile
et des forces progressistes et démocratiques doivent porter,
en l’occurrence, sur:
• l’implication dans l’acquisition du système
informatique de centralisation de résultats des CELI
• la confection et la maîtrise du fichier électoral, de la
saisie jusqu'à l'édition des cartes électorales
• la sécurisation de la carte électorale
• la transmission des données entre les fichiers des CELI au serveur
central de la CENI
• la centralisation des résultats en temps réel avec le
graphisme si possible en direct à la télévision pendant
la nuit électorale
• le fichier d'affichage des résultats par bureau de vote.
• le rapprochement du nombre d'inscrits par rapport au nombre de votants
dans les bureaux de vote, dans chaque préfecture et sur le plan national
• le rapprochement des chiffres officiels donnés par
la CENI et ceux cumulés des circonscriptions électorales
communiqués par la CENI.
3. Difficultés rencontrées en aval du
processus électoral et propositions
a) Difficultés
Globalement, un bureau de vote est composé de cinq personnes
nommées par l’administration des élections.
Deux membres sont proposés par le parti au pouvoir et
les deux autres sont proposés par les partis de l’opposition.
Le président censé être neutre, est nommé directement
par l’administration. Or, bizarrement, lors des derniers
scrutins législatifs, dans certains bureaux de vote à l’intérieur
du pays, l’ensemble des membres se sont comportés
de manière défavorable au décompte des voix
de l’opposition. Les membres censés être nommés
sur proposition des partis de l’opposition n’ont
pas défendu les votes de leur tendance. Dans certains
coins reculés des préfectures, des bureaux de vote
n’ont eu aucun délégué des partis
de l’opposition tandis que dans les bureaux de vote des
villes et chefs lieux de préfecture, presque tous les
partis ont leurs délégués.
La plupart des délégués des partis de l’opposition
sont d’une qualité très moyenne. Ils sont
peu instruits et peu informés de leurs attributions réelles
au niveau des bureaux. Certains ont cru naïvement qu’ils
avaient droit aussi bien au per diem servi
aux membres des bureaux de vote qu’aux subsides octroyés
par le parti au pouvoir à ses délégués.
Ce qui a donné lieu à des contestations inutiles
et des aigreurs injustifiées.
La polémique née de la proposition tardive de
signer les bulletins de vote a eu, en définitive, un effet
démobilisateur au niveau des militants et sympathisants
de l’opposition. Elle a révélé un
certain amateurisme du staff des partis de l’opposition
et aussi donné le sentiment que le scrutin n’est
pas un scrutin sérieux et, que dans tous les cas, l’administration
tricherait au profit du parti au pouvoir. Une sorte de justification,
avant l’heure, de la défaite. Cela peut expliquer
la mollesse des membres et délégués émanant
de l’opposition, de leur corruption et achat de conscience.
Lors du scrutin, si les votants en grande majorité ont
apposé leurs empreintes digitales sur les bulletins, il
y a eu des votants qui ont signé leur bulletin au stylo.
Cette situation n’a pas bénéficié du
même traitement au cours du dépouillement. Certains
bureaux ont annulé les bulletins signés tandis
que d’autres les ont décomptés. Sur certains
bulletins, on a constaté qu’outre la case du candidat
voté, l’encre a légèrement débordé dans
la case d’un autre candidat. Cette situation aussi n’a
pas reçu le même traitement quand il s’agit
d’un candidat de l’opposition qui a manifestement
voté le bulletin annulé, alors que le bulletin
est accepté quand il s’agit d’un candidat
du parti au pouvoir.
Au moment de la consignation des résultats, après
le dépouillement, plusieurs membres de bureaux de vote
et des délégués n’ont pas été vigilants
pour s’assurer de la transcription du résultat réel.
Bien de membres et de délégués n’ont
pas signé les procès verbaux comme le recommande
la loi.
b) Propositions
Six mois à l’avance, les partis politiques représentés
au parlement doivent arrêter les noms de leurs représentants
dans les bureaux de vote. Ils doivent obtenir du gouvernement
que :
• La moitié des présidents de bureaux de
vote d’une préfecture soit proposée par le
parti de l’opposition et l’autre moitié par
les partis au pouvoir.
• Deux membres de bureaux de vote sont proposés
par les partis de l’opposition parlementaire et deux membres
par le parti au pouvoir.
Par ailleurs, en plus de la formation délivrée
par l’administration, les partis politiques ont l’obligation
de former méthodiquement les membres proposés.
Dans chaque bureau de vote, l’opposition parlementaire
a deux délégués. Les délégués
ont un niveau BEPC au moins et sont recrutés dans le corps
enseignant et médical ainsi que parmi les chômeurs
et les conducteurs de taxi moto ou « zémidjans » de
préférence. Ils reçoivent une formation
appropriée.
Les délégués proviennent pour la moitié de
la localité du vote ou d’un lieu proche ou se situant
dans la préfecture dont dépend le bureau de vote.
L’autre moitié des délégués
provient de Lomé ou d’ailleurs et obéissent
aux mêmes critères de sélection. Ils connaissent
au moins un mois à l’avance leur terrain de
travail. Ils connaissent les membres de leurs bureaux issus de
l’opposition de même que l’autre délégué de
son bureau. Ils s’entendent pour travailler en binôme.
Le délégué doit être honnête
et dynamique pour ne pas être influencé par les
subsides qui ne rentrent pas dans le cadre officiel de l’élection.
L’opportunité est ainsi donnée aux jeunes
chômeurs et conducteurs de taxi moto ou «zémidjans» de
devenir des héros ordinaires. A partir d’une formation
minimale, ils sont en mesure de réfléchir pour
résoudre les problèmes posés sur le terrain.
Ils sont en mission : Objectif faire bien voter les citoyens,
aider à mieux compter le vote et à vrai restituer
les résultats. En conséquence superviser la transcription
du procès verbal du vote, ramener à tout prix
le dit PV au siège du parti, chacun s’assure une
stratégie de résultat sous réserve du respect
de la loi.
• Les bureaux de vote sont regroupés par centre
de vote. Le nombre de centres de vote est connu. Un superviseur
anonyme est désigné par centre de vote. Il consigne
ses observations. Il est équipé de matériel
de transmission léger. Il informe le siège préfectoral
des incidents éventuels à régler d’urgence.
Il peut, s’il le faut informer le siège national.
• Il est prévu des superviseurs civils et militaires étrangers
avec pouvoir de demander à faire cesser des pratiques
pouvant entraver un bon déroulement du processus. Ils
sont répartis au moins deux à deux par préfecture
et disposent de logistiques suffisantes. (Deux véhicules tout
terrain et sont positionnés de telles sortes qu’ils
peuvent atteindre tout point de la préfecture en moins
d’une heure.)
• Définir à l’avance la nature des
incidents qui peuvent faire l’objet de sollicitation des
observateurs civils et militaires (renvoi des membres des bureaux
de vote par les militaires, intrusion des militaires dans les
bureaux de vote pour toucher à l’urne, intervention
du préfet, du maire ou du chef coutumier pour donner des
instructions contraires à celle prévues par les
textes, intimidation des votants par les policiers ou les gendarmes
etc.).
4. Plateforme
Tous ces problèmes que le GRAD vient de présenter
avec les approches de solutions doivent être complétés
et faire l’objet de discussions à la plateforme
qu’il compte organiser avec la participation active des
organisations de la société civile togolaise de
promotion de la démocratie et de l’Etat de droit.
Mais d’ores et déjà, l’accent doit âtre
mis sur les actions suivantes:
• Formation des observateurs et délégués
des partis politiques
• Formation des observateurs nationaux indépendants
• Mise en place d’un dispositif de sécurité fiable
et neutre
• Rôle des observateurs étrangers et des organisations internationales
• Organisation des bureaux de vote
• Sécurisation des bulletins de vote
• Dépouillement des bulletins de vote
• Traitement des procès verbaux
• Centralisation des résultats au niveau des circonscriptions électorales
ou CELI
• Centralisation au niveau de la CENI
• Proclamation des
résultats provisoires
5. Recomposition de la cour constitutionnelle
La Cour Constitutionnelle la plus haute juridiction togolaise à laquelle
incombent l’appréciation déroulement du scrutin,
la validation et la proclamation des résultats. Or la
Cour Constitutionnelle, dans sa composition actuelle fait l’objet
de polémique. Elle a été mise en place à un
moment où il n’y avait aucun parti politique de
l’opposition à l’Assemblée nationale.
Maintenant que deux y sont représentés, la logique
ou le bon sens voudrait qu’elle soit recomposée
pour tenir compte de la nouvelle configuration politique du Togo
afin de lui conférer la crédibilité qui
lui sied. Le GRAD estime, compte tenu de l’enjeu de l’échéance
de 2010, que les organisations de la société civile
togolaise, et sous leur impulsion, toutes les forces progressistes
et démocratiques du Togo, doivent jouer un rôle
prééminent et déterminant pour obtenir cette
recomposition dans les meilleurs délais.
Conclusion
Pour le rendez du changement démocratique en 2010, le
GRAD reste convaincu que les organisations de la société civile
togolaise ont un rôle catalyseur à jouer. Elles
doivent, par conséquent, commencer à s’organiser
dès maintenant à travers des actions à mener
ensemble dans le cadre de la plateforme proposée, laquelle
doit naturellement être complétée, affinée
et, au demeurant, pourvue de moyens nécessaires. A cet égard,
le GRAD invite toutes les organisations de la société civile
togolaise et celles de la diaspora à faire ensemble du
rendez-vous de 2010, un rendez-vous historique, le rendez-vous
de la GRANDE VICTOIRE du peuple togolais pour sa LIBERTE.
Lomé, le 18 août 2009
Le GRAD
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