Afrique: Dédommager le continent:
Mouammar Kadhafi réclame 7.700
milliards de dollars pour la colonisation du continent
24 septembre 2009
Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, qui s'exprimait
pour la première fois à l'Onu, a accusé mercredi
les membres permanents du Conseil de sécurité d'avoir
trahi les principes de la Charte des Nations unies. Devant l'Assemblée
générale de l'Onu, le
dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a accusé les membres
permanents du Conseil de sécurité d'avoir trahi
les principes de la Charte des Nations unies. (Reuters/Mike Segar)
"Le préambule (de la Charte) dit que toutes les
nations sont égales qu'elles soient petites ou grandes",
a-t-il déclaré sous quelques applaudissements devant
l'Assemblée générale.
L'imprévisible colonel libyen, qui vient de fêter
ses 40 ans de pouvoir, a déclaré que le droit de
veto dont disposent les cinq membres permanents du Conseil de
sécurité - Etats-Unis, Chine, Russie, France et
Grande-Bretagne - était "contraire" à l'esprit
du texte.
"Nous ne l'acceptons pas et nous ne le reconnaissons pas",
a-t-il dit du haut de la tribune de l'Assemblée, prenant
la parole juste après le président américain
Barack Obama.
"Le Conseil de sécurité ne nous a pas procuré la
sécurité mais la terreur et les sanctions",
a-t-il poursuivi, soulignant que "65 guerres" avaient éclaté depuis
la création de cette instance il y un peu plus de soixante
ans.
Revêtu d'une tenue traditionnelle de couleur marron, une
broche noire aux contours de l'Afrique accrochée à sa
poitrine, le leader libyen assume actuellement la présidence
en exercice de l'Union africaine, pour laquelle il a de nouveau
réclamé un siège de membre permanent au
Conseil de sécurité.
La Libye occupe un siège non permanent à ce conseil
jusqu'en 2010.
Au cours d'un discours fleuve de plus d'une heure et demi, Mouammar
Kadhafi a évoqué toute une série de sujets,
de l'assassinat du président américain John Fitzgerald
Kennedy à l'invasion américaine de la Grenade en
1983 en passant par l'accès gratuit aux médicaments
pour tous les enfants du monde.
Il n'a en revanche pas fait mention de la libération
le mois dernier par la justice écossaise de l'ancien agent
libyen Abdel Basset al Megrahi, seul condamné dans l'enquête
sur l'attentat de Lockerbie en 1988.
Nombre de délégués ont quitté la
salle durant le discours, provoquant l'agacement du leader libyen.
"S'il vous plaît, puis-je avoir votre attention.
Vous êtes tous fatigués, sous l'effet du décalage
horaire (...) Vous êtes fatigués, vous êtes
tous endormis", a-t-il lancé à l'assistance
clairsemée.
Il a par ailleurs rendu hommage au président Barack Obama,
dont l'élection représente à ses yeux "le
début d'un changement" par rapport à la politique
menée par ses prédécesseurs qui ont, a-t-il
dit, terrorisé sa région.
Il a aussi déclaré que l'Afrique méritait
des compensations d'un montant de 7.700 milliards de dollars
pour les dommages subis durant la période coloniale.
lexpress.fr
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