Intervention du Président national
du CAR, Me APEVON:
A l’occasion de la rencontre avec
la diaspora togolaise en Allemagne le 19 Septembre 2009
25 septembre 2009
Mesdames et messieurs les Responsables des organisations de
la Diaspora ici présents,
Mesdames et Messieurs les Responsables des fédérations
du CAR Allemagne et Belgique, organisateurs de cette rencontre,
Chers frères et sœurs de la diaspora,
Je voudrais à mon tour, vous souhaiter la bienvenue à cette
rencontre citoyenne et exprimer ma gratitude à vous tous
venus de près et de loin pour échanger avec nous
sur la situation politique actuelle de notre pays.
C’est une réelle joie pour moi de vous rencontrer
au cours de la première sortie que j’effectue à l’extérieur
en tant que Président du Comité d’Action
pour le Renouveau (CAR).
Je voudrais ici solennellement vous exprimer toutes mes félicitations
pour votre engagement soutenu et toutes vos actions menées
au sein de la diaspora pour contribuer à l’éradication
de la dictature dans notre pays.
Je sais quels sacrifices énormes vous avez consentis
pour cela. Et c’est un vrai drame pour une nation telle
que la notre que les têtes les plus formées soient
obligées de fuir le pays, pour des raisons politiques,
et aller grossir les rangs des ressources humaines d’autres
pays.
Combien de Techniciens, d’ingénieurs, de médecins,
de Leaders des Mouvements estudiantins ne sont pas parmi vous
! Certains n’ont pas mis les pieds sur la terre de nos
aïeux depuis plus de 15 ans. Quel gachis.
Comme vous le savez tous, il y a bientôt un an que j’ai
pris les reines du CAR à la place de Me Yawovi AGBOYIBO,
Mesdames et Messieurs,
Accepter de remplacer Me Agboyibo à la tête du Car
n’était pas une décision facile.
Comment pourrait-il en être autrement, notre pays ne connaissant
pas d’exemple d’alternance à la tête
des partis du vivant des Présidents fondateurs.
Ma mission est donc redoutable, vu la personnalité de
l’homme et l’aura qu’il a acquis au sein des
populations pour avoir été le moteur du processus
de démocratisation au Togo.
Et c’est pour cette raison que j’avais apprécié que
le Congrès n’ait pas lié le poste de Président
du parti à la candidature aux élections présidentielles
de 2010. Car pour une mission pareille, il ne faut pas bruler
les étapes. Il faut un temps pour prendre le parti en
main, un temps pour se faire connaître et conquérir
le cœur des populations, et un temps pour nouer les relations
au niveau national et international avant de se porter candidat à une élection
présidentielle.
Mesdames et Messieurs,
Comme vous le savez tous déjà, notre pays va de
plus en plus mal et sa situation économique actuelle est
caractérisée par des maux qui ont pour noms:
- aggravation du chômage des jeunes
- pauvreté extrême
- détérioration de plus en plus accrue du pouvoir
d’achat des populations des villes et des campagnes
- délabrement des infrastructures routières, sanitaires,
scolaires,
- absence avérée d’infrastructures d’eau
potable, d’énergies, etc
Ce sont là, Mesdames, Messieurs, des vérités
que vous connaissez. Je n’ai pas besoin d’y insister
outre mesure. Il suffit d’aller à Lomé et
de faire un tour dans ses quartiers pour mesurer la gravité de
la situation.
Toutes les rues de la capitale sont aujourd’hui impraticables
et la plupart des quartiers étaient, il n’y a pas
longtemps, sous l’eau.
Or, comme le dit l’adage, «la capitale
d’un pays est la vitrine de ce que vaut le pays».
Ce n’est donc pas un fait du hasard si tous les observateurs
s’accordent à dire que le Togo tout entier est
malade et que sa maladie a atteint un stade très avancé.
Mais face à cette situation, nous avons des dirigeants
incompétents qui, de surcroit, dilapident les richesses
nationales par le biais de la corruption et des détournements,
la gabegie, l’attribution des marchés publiques
sur des bases tribales et familiales.
Et c’est le lieu de préciser que toutes les
régions et préfectures du Togo sont autant touchées
par le phénomène de la pauvreté. En effet,
après plus de 40 ans de gestion chaotique du pays, l’ amer
constat aujourd’hui est que les populations de Cinkassé,
de Mandouri, de Naoudema, de Bapuré et de Tcharè,
souffrent autant, sinon plus que ceux de Ndigbé, de Yokoè,
de Djiguina et d’Azové, de Djankassè.
Chers frères et sœurs de la diaspora,
Vous l’avez compris, tout est à refaire au Togo.
Nous devons reconstruire un système éducatif viable.
Nous devons développer une politique de santé permettant
une couverture sociale pour les urgences, tout en dotant progressivement
chacune de nos préfectures, d’un centre hospitalier
digne de ce nom. Nous devons mettre fin à la pauvreté en
développant l’agriculture sur toute l’étendue
du territoire.
La politique la plus ambitieuse que le CAR a dans ce domaine,
est ce que nous appelons le développement de l’Agro
alimentaire dans les zones vertes. Et notre pays dispose de trois
vallées propices à ce genre de projets. Il s’agit
des vallées de l’Oti, du Zio et du Mono.
Dans la mise en œuvre de ce programme, une place importante
doit être accordée à la diaspora car elle
dispose de potentiels inestimables et demande seulement à ce
que les pouvoirs publics créent des conditions pour apporter
leur appui à la reconstruction et au développement
du pays.
Mais nous ne voulons pas ici nous étaler sur tous ces
points contenus dans le programme ambitieux de notre parti. Car,
que vaut le meilleur programme si le pays n’est pas doté de
dirigeants légitimes et ne connait pas une stabilité politique
propice à leur mise en œuvre.
C’est pour cela qu’au sortir des législatives
dernières, le CAR s’est battu pour la mise en place
du cadre permanent de concertation et de dialogue, destiné à mettre
en œuvre les points de l’Accord Politique Global
(APG) relatifs aux réformes constitutionnelles et institutionnelles
devant permettre l’organisation d’une élection
juste et transparente en 2010, ce qui permettra de mettre notre
pays en orbite pour son développement économique.
Malheureusement, aucune des réformes constitutionnelles préconisées
par l’APG n’a été réalisée à ce
jour. Et usant du dilatoire, le pouvoir a volontairement retardé la
révision du code électoral, ce qui nous a contraint à avoir
recours au facilitateur et à nous rendre à Ouagadougou
du 05 au 07 Août dernier.
Les dernières discussions de Ouagadougou nous ont permis
d’améliorer le déséquilibre qui existait
entre la majorité et l’opposition parlementaire
au niveau de la composition de la Commission Electorale Nationale
Indépendante (CENI) et de ses démembrements et
de régler les problèmes liés aux conditions
d’éligibilité. Mais la rencontre ne nous
a pas permis de surmonter les difficultés relatives au
mode de scrutin qui, selon nos textes actuels, est à un
tour.
Chers frères et sœurs de la diaspora,
Même si nous arrivons à nous entendre sur un candidat
unique, ce qui est une nécessité absolue, cela
ne nous empêche pas de nous battre pour un scrutin à deux
tours.
Il n’est d’ailleurs pas normal que dans toute la
sous région, le Togo soit encore le seul pays à pratiquer
le mode de scrutin à un tour, alors que le seul
mode de scrutin pour lequel notre peuple s’est prononcé massivement
au référendum de 1992 est le scrutin uninominal à deux
tours.
Le CAR s’engage à mener dans les prochaines semaines,
la bataille pour les deux tours, si tant est que la population
dans sa grande majorité, à l’intérieur
comme dans la diaspora est prête à y apporter son
concours. Il s’attèlera au même moment à la
préparation du scrutin, car si au finish, la bataille
pour les deux tours est gagnée, mais que nous n’avons
pas pris les dispositions pour maitriser le processus électoral,
nous aurons fait œuvre inutile. . .
Mesdames Messieurs,
Toutes les formations politiques de l’opposition ont aujourd’hui
compris qu’aucune d’entres elles ne peut affronter
seul le pouvoir et gagner en 2010. Ce n’est donc que dans
une dynamique unitaire, donnant de réelles chances de
remporter la victoire et de prendre effectivement le pouvoir,
que les Togolais peuvent spontanément se mobiliser, à l’intérieur
comme dans la diaspora, pour apporter les ressources humaines,
matérielles et financières à la réussite
de cette œuvre ultime, la réalisation de l’alternance
en 2010 .
Depuis Janvier 2009, l’UFC et le CAR ont entrepris des
discussions sur la question de la candidature unique. Et pour
surmonter les difficultés inhérentes à cette
entreprise, le CAR a soumis en deux points la proposition de
plan d’action ci-après à l’appréciation
de l’UFC et des autres formations de l’opposition
démocratique. Le premier point est relatif à la
mission du candidat et le second, à la durée de
son mandat.
1. La mission du candidat
1.1. Le candidat doit être en mesure, au lendemain du scrutin,
de prendre les devants de la défense de la victoire de
l’opposition et d’avoir des atouts personnels, nationaux,
et internationaux qui lui permettent d’amener le pouvoir
en place à reconnaître sa défaite.
1.2. Une fois le candidat de l’opposition parvenu
au pouvoir, l’un des volets fondamentaux de sa mission
consistera à entreprendre dans le cadre de l’application
de l’APG, avec l’appui de la communauté internationale,
les mesures constitutionnelles et institutionnelles par lesquelles
le pays doit rompre avec le système en vigueur et entrer
dans une ère républicaine et démocratique
qui favorise les investissements et une économie propice
au bien-être des populations.
Entre autres mesures à prendre à cet égard,
le Président issu de l’opposition devra:
- former un Gouvernement comprenant les diverses composantes
de la coalition ayant soutenu le candidat ;
- dissoudre l’Assemblée Nationale en place ;
- faire élire une nouvelle Assemblée Nationale
sur la base d’un cadre électoral réformé dans
des conditions à définir ;
- faire de l’Assemblée Nationale une constituante
investie de la mission de doter le pays d’une nouvelle
Constitution.
- réviser la charte et le régime de financement
des partis politiques de façon à ce que l’activité politique
réponde à sa vocation de service public et cesse
d’être une activité privée qui fasse
du pouvoir d’Etat, la chasse gardée d’un noyau
de privilégiés qui se servent de la fortune amassée
depuis plus de quarante ans pour asservir à des fins électoralistes
des populations acculées à la misère par
une gestion calamiteuse des richesses du pays;
- organiser, dans les délais visés au point 2.2,
les élections locales, législatives et présidentielle
devant marquer la fin de la pseudo quatrième République,
avatar de la troisième République et l’entrée
du Togo dans la cinquième République.
1.3. En dehors des mesures constitutionnelles et institutionnelles,
le Président de la république émanant de
l’opposition devra s’atteler à réconcilier
les Togolais en prenant notamment des mesures visant:
- à garantir le respect effectif des dispositions de
l’APG prévoyant que la lumière soit faite
sur les actes de violence à caractère politique
du passé et que les victimes de ces actes soient indemnisées;
- à assurer le professionnalisme et l’efficacité des
institutions en charge de la lutte contre l’impunité ;
- à garantir une répartition équitable
des emplois publics, des marchés d’Etat et autres
ressources et avantages faisant partie du patrimoine national.
1.4. Le Président de la République issu de l’opposition
devra, durant son passage à la tête de l’Etat,
apporter des solutions concrètes aux besoins prioritaires
des populations de la commune de Lomé et des différentes
préfectures.
2. Durée du mandat:
2.1. Pour que chacune des parties prenantes de la coalition
se sente rassurée de pouvoir reprendre dans un délai
non excessif son droit de participer aux élections mentionnées
au point 1.2, il importe que la transition se fixe un terme.
2.2. Compte tenu des tâches définies au point 1,
la durée de la transition doit être au maximum de
trois ans.
Nous espérons que les formations de l’opposition
parviendront bientôt à régler ce problème
crucial de candidature unique afin que se produise au sein des
populations l’électrochoc nécessaire susceptible
d’entrainer la grande mobilisation pour la victoire en
2010.
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