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Présidentielle de 2010
et crise à la CENI:
Blaise Compaoré explore
diverses pistes pour confier la CENI à l’opposition
05 octobre 2009
Elu
dans des conditions controversées, le très contesté président
de la Commission électorale nationale indépendante
(CENI), Henri Lardja Kolani, serait sur une chaise éjectable.
La CENI dirigée par le militant du PDR est mise en stand-by
après l’euphorie des premières semaines.
Les discussions ont été tendues
ce samedi 3 octobre à Ouaga et, ni le RPT, ni l’opposition
parlementaire ne sont parvenus à s’entendre sur
l’essentiel de la crise née de la nomination de
Henri Kolani à la tête de la CENI. Mais selon plusieurs
indiscrétions Blaise Compaoré serait entrain de
forcer la main à Faure Gnassingbé pour confier
la présidence de la CENI à l’opposition parlementaire.
Certains diplomates à Ouaga parlent même d’une
gestion bicéphale de la CENI (coprésidence RPT-Opposition).
Mais pour l’heure rien n’est encore sûr. Les
deux parties aux négociations entendent influencer les
décisions de Blaise Compaoré pour prendre la main.
L’autre piste envisagée à Ouaga serait également
de confier la CENI à un personnage neutre de la société civile.
Au dernier palabre intertogolais de Ouagadougou,
les parties se sont accordées de mettre en place une CENI
consensuelle devant organiser l’élection présidentielle
de l’année prochaine. C’est cet esprit qui
a prévalu lors des choix des membres de la CENI et de
leur élection à l’Assemblée nationale.
Mais l’embellie n’a duré que quelques jours.
Après l’élaboration aux forceps du règlement
intérieur, les 17 membres ne sont pas arrivés à élire
le président de cette institution, le RPT et l’opposition
parlementaire se disputant ce poste. A défaut d’un
consensus, le président du bureau d’âge a
levé la séance et demandé aux deux parties
d’aller consulter leurs mandants. Le rendez-vous fut pris
pour le lendemain. Mais le RPT avait son petit plan. Dès
le départ des sept membres de l’opposition, l’ancien
ministre Agbo s’est octroyé tous les pouvoirs et
a, en toute violation de l’article 2 du règlement
intérieur de la CENI, élu «à l’unanimité» Henri
Lardja Kolani. Un coup de force qui a suscité un tollé général
au sein de l’opinion nationale. L’intervention du
Premier ministre Gilbert Houngbo n’a rien changé à la
donne et le militant du PDR a été confirmé par
décret présidentiel. Le président controversé s’est
adjoint un rapporteur et a rendu public un chronogramme qui prévoit
la tenue de l’élection au 28 février.
Mais depuis, la très tapageuse et médiatisée
CENI est devenue aphone. Et pour cause. Selon les informations
en notre possession, le Facilitateur Blaise Compaoré,
saisi par l’opposition, aurait obtenu de son homologue
togolais la cessation des travaux de la CENI de Kolani, le temps
pour lui de faire tomber la température. «C’est
peut-être dans cette logique que le président
Kolani n’a pas été autorisé à participer à une
réunion des présidents des institutions ayant en
charge l’organisation des élections»,
indique une source. Ainsi, le président du Faso très
occupé ces derniers temps s’est activé déjà à trouver
une solution à cette bisbille qui oppose le RPT à l’opposition. «Les
choses évoluent dans le bon sens. Et si tout va bien,
des solutions peuvent être trouvées»,
confie un responsable d’un parti de l’opposition.
Il nous revient par ailleurs que plusieurs pistes
sont à l’étude pour une sortie de crise.
De sources concordantes, si Kolani est révoqué,
le RPT ne serait pas prêt à voir l’opposition
parlementaire prendre la présidence. «Nous n’allons
jamais accepter ça», coupe court un membre
influent du RPT. Dans ce cas, il reste l’option «société civile».
Mais le hic ici, c’est que les trois membres de la société civile
sont cooptés par la majorité et l’opposition
parlementaire. Mme Aguigah était candidate du RPT aux
dernières élections législatives; quant à Tabiou
Taffa, ancien membre des Forces nouvelles de Me Koffigoh, il
est aujourd’hui un militant docile au RPT; enfin, Daté,
vient d’une association proche du CAR. Le problème
persiste donc. C’est ainsi que certains ébauchent
la piste d’une personnalité que les deux parties
choisiront de façon consensuelle. D’autres par contre
n’excluent pas la piste d’une personnalité extérieure.
L’ouverture de ces discussions marque
la fin du mandat de Kolani. Selon certaines informations, il
sera amené à rendre le tablier dans les tout prochains
jours. Mais après cette étape, il va falloir s’attaquer
au problème du mode de scrutin. L’opposition souhaite
un scrutin à deux tours alors que le RPT s’en remet à la
constitution actuelle. «Il est souhaitable que ce problème
soit résolu au cours de ces négociations pour que
le processus électoral soit véritablement enclenché»,
pense un diplomate.
R. Kédjagni
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