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Togo: AssoFaure, MSF, JUIF, G100, GRAP:

Associations de soutien à Faure Gnassingbé ou milices?

09 octobre 2009

Le sinistre Major Kouloum soupçonné par les Nations-Unies d'être un instigateur des tueries à Atakpamé, reprend du serviceLe processus électoral devant aboutir au scrutin de 2010 peine à décoller, mais cela n’empêche pas Faure Gnassingbé d’enclencher une campagne avant l’heure.  L’opposition traditionnelle se cherche encore un candidat unique, mais le monarque, lui, prend déjà une longueur d’avance. Il est sur le terrain à travers de pseudo organisations de promotion de la Femme qui utilisent le pouvoir de l’argent.  Des prêts sont proposés aux femmes, avec pour mot d’ordre de voter Faure Gnassingbé en 2010 et elles ne devraient pas  rembourser. Dans le cas contraire, elles devraient rembourser jusqu’au dernier centime. L’association qui occupe le devant de ces actions est l’ONG NAFA. L’autre méthode utilisée est la création à foison d’associations et regroupements de jeunes pour soutenir Faure Gnassingbé.

En effet il ne se passe de jour où on n’enregistre une structure dans ce sens. Association de soutien à Faure Gnassingbé (Asso Faure), Jeunesse Unie pour les Initiatives de Faure (JUIF), le G100, le Mouvement de Soutien à Faure Gnassingbé (MSF) etc, la liste est longue. Toutes ces associations disent militer pour la réélection du «Leader nouveau» en 2010. C’est ainsi que des séminaires, ateliers et autres rencontres avec des populations sont organisés pour lui assurer une certaine visibilité sur le terrain. S’il y a une de ces associations qui défraie aujourd’hui la chronique, c’est sans nul doute le Groupe  de Réflexion et d’Appui au Parti RPT (GRAP) parrainé par le tristement célèbre Major Kouloun.

Soutien à Faure ou milice de Faure?
La question est fort légitime quand on considère la personnalité du Major Kouloun. C’est un homme de sinistre réputation. Son nom a été cité par la Mission des Nations unies dans son rapport établi sur les violences électorales d’avril 2005 comme le bourreau des populations d’Atakpamé. C’est la terreur du coin. On le dit le commanditaire par excellence de ces évènements sanglants et le patron des milices dans la région. Les différents rapports établis avaient recommandé des poursuites judiciaires contre les auteurs et commanditaires de ces violences. Mais rien n’est fait jusqu’à ce jour, et les auteurs présumés de ces violences, comme Major Kouloun, courent toujours les rues. Ils sont promus ou remis en selle pour entreprendre des actions. Et c’est un tel personnage aux mains tâchées de sang qui met en place un peu partout sur l’étendue du territoire des associations soi-disant soutenir Faure Gnassingbé, celui-là même pour qui près d’un millier de Togolais ont été tués en avril 2005.

Il y a des risques que ce soutien ne vire en activisme le moment venu. De par le passé, particulièrement en 2005, ce sont les militants et autres sympathisants du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) qui se sont mutés en milices pour aider à «pacifier» les quartiers et villes où des jeunes se sont révoltés. IL faut rappeler les évènements du 16 avril 2005. Sur le chemin de retour d’un meeting à Béniglato, tous les compatriotes qui étaient habillés en jaune, les couleurs de l’Union des lForces de Changement  (UFC) ont été proprement violentés par de jeunes gens bien organisés, appartenant à des organisations proches du RPT, en fait des milices. Et les propos récemment tenus par le triste sire d’Atakpamé n’augurent rien de bon.

En effet lors de la cérémonie d’installation de la cellule de son GRAP à Lomé au Lycée technique d’Adidogomé, le monsieur s’est peint en héros et a lâché: «… Le jour où la CPI viendra me prendre, vous serez libres et vous irez aux élections». C’est une menace directe. Le Major Kouloun insinue donc que tant que la Cour pénale internationale ne viendra pas l’appréhender, les Togolais n’iront donc pas tranquillement aux urnes. Qu’est-ce qui pourrait donc dissuader le triste sire de récidiver en 2010 ? Tout fait qui fait concevoir ces multiples associations soi-disant soutenir Faure Gnassingbé comme des milices en perspective.

Le Major Kouloum, un zozo qui se prend pour un héros
Major N’ma-Bilizim Kouloum! Toute la difficulté qu’on éprouve à prononcer ce nom, traduit la complexité du personnage. Torse bombé, ce gendarme à la retraire se prend pour un héros. Alors qu’en réalité, il n’est qu’un sinistre zozo. Il est redouté dans la région d’Atakpamé à cause des actes répréhensibles qu’il a eu à  y poser. Sans contrition, il s’enorgueillit gaiement, fort de l’impunité dont il jouit au sommet de l’Etat. Et il se permet en plus de narguer les Togolais.

«Aujourd’hui, je suis devenu plus qu’un héros, parce que tout le monde me craint. On a peur de moi», se réjouit-il. Certains Togolais se demandent si l’homme a tous ses sens, parce qu’ils ne comprennent pas que quelqu’un qui a un passé aussi lugubre et puant puisse s’en être heureux. N’y a-t-il pas un boulon qui manque chez cet homme par hasard? «Ce n’est pas facile de tuer», avoue le major Kouloum. Ce qui veut dire  qu’il en a fait l’expérience et qu’il a rencontré des difficultés.

Les propos tenus par cet activiste du RPT n’apportent que de l’eau au moulin de la mission d’établissement des faits des Nations Unies qui  le pointe du doigt comme le principal auteur et commanditaire des massacres qu’a connus la ville d’Atakpamé en avril 2005. Selon le rapport  de Doudou Diène, des témoignages concordants indiquent que «dans la nuit du 24 au 25 avril 2005, le Major aurait abattu six jeunes qui continuaient à détruire ses biens». Bénéficiant du soutien des gouvernants, le Major N’ma-Bizilim Kouloum peut faire le dos rond. Mais qu’il n’oublie pas que tôt ou tard, il répondra devant l’histoire.

Faure et la Communauté internationale interpellés
L’«Esprit nouveau» lui-même a plus d’une fois déjà promis une élection à la ghanéenne en 2010, c’est-à-dire démocratique, transparente et surtout pacifique. C’est devenu un refrain qu’il chante. Le souvenir d’avril 2005 hante encore les esprits et les Togolais retiennent leur souffle. Faure Gnassingbé doit donc se sentir interpellé car de tels propos tenus par Major Kouloun ne sont de nature à rassurer les populations d’un scrutin paisible. C’est sa réélection que ces associations disent soutenir et toute violence sera mise à son actif. Il peut encore ramener à la raison ces milices potentielles qui s’échauffent déjà pour la violence en 2010.

La communauté internationale est également interpellée. Les signes avant-coureurs d’un scrutin heurté se révèlent déjà et il urge d’intervenir le plus tôt possible pour éviter le pire. La CEDEAO, l’UA, l’ONU et les puissances occidentales ont assez laissé de plumes lors des élections passées. Elles ont toujours laissé l’irréparable se produire pour ensuite envoyer des missions compter les morts, établir des rapports et faire des recommandations qui ne sont jamais respectées. La Communauté internationale est donc invitée à prendre ses responsabilités en amont.

Tino Kossi


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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