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Les vibrants
mensonges du RPT:
En attendant le vote
des cadavres
13 octobre 2009
Le parti au pouvoir en a rajouté à la crise togolaise
lorsque ses représentants à la Commission Electorale
Nationale s’étaient réunis, en catimini,
pour désigner un président à la tête
de l’Institution. Si ce n’était pas là une
opération de gangsters, c’était du moins
une attitude de voyous qui, en tant que telle, méritait
une prompte réaction du “Président-
Réconciliateur” que Faure Gnassingbé veut être.
Mais des semaines se sont écoulées sans que ce
président daigne lever l’équivoque et diligenter
une excuse publique au peuple pour cette grave distorsion faite à la
loi par les siens.
Au lieu d’une réaction vigoureuse immédiate,
le premier Magistrat de la République(?) campe du mauvais
côté de la loi pour endosser par décret le
coup de force. Cette attitude du Chef de l’Etat – n’en
déplaise au primaire et exécrable ministre Bawara
qui le défend à tue-tête – montre que
l’équité et la transparence promise au peuple
et à l’univers ne sont qu’une série
de vibrants mensonges. Mr Henri Lardja Kolani, un homme aux convictions profondément
variables, n’est pas la bonne personne pour assurer la
direction de la CENI qui a la meurtrière réputation
de se substituer au peuple pour décider du sort des élections
au Togo.
Malgré la levée de boucliers, Kolani Lardja, en
bon togolais, est resté impassible. Il ne repousse pas,
pour sa propre dignité, cette nomination résultant
d’une opération transgressive des normes d’éthique
et de consensus, opération qui pourtant le couvre d’opprobre
publique. Chez nous, On adore le poste de chef. Même vide
d’honneur et de gloire c’est à prendre, pas
pour le service qu’on va rendre mais pour les avantages
pécuniaires qu’on va en tirer. Mais on ignore que
ceux qui bradent leur liberté contre la sécurité matérielle
n’ont, à la fin, ni l’une ni l’autre.
A pas de loup sur les pas de son père, Faure Essomzina
joue beaucoup sur la troublante facilité de certains togolais à trébucher
devant l’appât du gain éphémère.
Il le fait avec autant de perfidie qu’il a osé diffuser
le revers de sa pensée en se disant favorable à l’organisation
au Togo d’une élection calquée sur le modèle
ghanéen. Il avait même gonflé la poitrine
pour dire qu’il n’a pas peur de la compétition électorale.
Par ailleurs, dans une laborieuse tentative de refermer les cauchemars
de 2005, d’un ton majestueux, il déclarait: “Plus
jamais au Togo, le sang ne doit couler en raison de disputes électorales” .
Propos bien présidentiel, minutieusement modulé pour
décrisper les esprits. Mais, venant d’une figure
aussi duplexe que celle qui le tient, il ne peut duper que les
sots.
Les indices que le Togo s’achemine une fois encore vers
une présidentielle compliquée et chaotique sont
très palpables. En privé, Faure ne fait d’ailleurs
pas mystère de sa détermination à “ne
pas céder le pouvoir, quelle que soit l’issue du
scrutin”. Il lui suffira, pour cela, d’ajouter quelques
morts à ceux de 2005.On le voit, le président togolais
est dans cette maligne logique du statut quo qui fait croire “qu’une élection
frauduleuse est toujours mieux que pas d’élection
du tout”. Une réécriture sibylline des périodes
ténébreuses du parti unique. Il faut y comprendre
que les interminables va-et-vient Lomé-Ouaga-Lomé,
les milliards destinés au financement du vote, les agitations
populaires et leurs cadavres collatéraux ne seront finalement
que de vains sacrifices, juste pour les beaux yeux du prince.
Face à un adversaire de cette nature, il aurait fallu
que les Olympio, Yamgnane, Agboyibo et autres Agbéyomé,
s’élèvent sur une plate-forme commune sacrée
qui leur permette de voir plus loin, au-delà d’une élection
présidentielle plus qu’hypothétique. Sans
ces plans d’appoint B…C…D…ce sera
du néant, une suite de la même politique fiction.
Sans fin.
Kodjo Epou
Washington DC
USA
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