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Togo:Reconstruction des ponts d’Amakpapé et de Togblékopé:

une récupération politique malhonnête au profit de Faure Gnassingbé

15 octobre 2009

Faure Gnassingbé, monarque togolaisIl y a quelques mois, à la suite des revendications formulées par les entrepreneurs des travaux publics, réclamant du chef de l’Etat de libérer le portefeuille du ministère des Travaux publics et des Transports pour le confier à un technicien qui aurait suffisamment de temps pour mieux s’occuper de ce département, M. Faure Gnassingbé avait rappelé M. Comlan Kadjé, alors en poste à Abuja pour le compte de la CEDEAO et l’avait nommé Ministre des Travaux publics et des Transports en tant que technicien.

Que faire à l’endroit du chef de l’Etat en signe de remerciement pour cette confiance renouvelée? Plusieurs idées doivent avoir trottiné dans la tête du Ministre Kadjé depuis sa nomination à ce poste. Il y a 48 heures, il ne pouvait pas trouver meilleure occasion que celle de l’inauguration des deux ponts d’Amakpapé (Préfecture du Haho) et de Togblékopé (Préfecture du Zio). M. Kadjé avait dû sans nul doute, se graisser la voix la veille pour en faciliter le débit et la fluidité des sons et faire plusieurs exercices de répétition à la maison ou au bureau, tellement il a séduit; du moins par le discours réussi. Point!

Si Faure pouvait se lever et l’embrasser séance tenante, il l’aurait fait. Car avec un tel «discours-programme», son mentor a dû se dire qu’il avait déjà en main le passeport pour 2015. A écouter le Ministre Kadjé, on dirait que toutes les œuvres énumérées avaient déjà été réalisées. Le Ministre a oublié dans son énumération la fameuse autoroute de Faure Gnassingbé dénommée «Fleuve de l’Espérance» mentionnée dans son livret de campagne de 2005 et qui devait relier Lomé à Dapaong. Faure est à la fin de son mandat et personne n’en a vu trace d’une simple pose de la première pierre.

Les Togolais ne sont pas dupes et n’ont pas la mémoire courte. Parmi les nombreux projets que Faure avait promis aux Togolais de réaliser au cours de son premier mandat et qui sont demeurés lettres mortes, se trouve la fameuse autoroute. Est-ce exprès que le Ministre ne l’a pas mentionnée dans le chapelet des réalisations en matière d’infrastructures routières dont l’ensemble coûterait 253 milliards de francs CFA ou s’agirait-il d’un oubli ? Monsieur Kadjé oublie que ses compatriotes n’ont pas la mémoire courte et qu’ils ont encore en mémoire les fausses promesses de Faure Gnassingbé et qu’à ce jour, c’est à peine que le tiers de ses promesses de campagne a été réalisé.

Les citoyens togolais auraient préféré que tout ce chapelet de travaux d’infrastructures routières dressé par Monsieur le Ministre soit des réalisations concrètes pour applaudir Faure Gnassngbé. Malheureusement, tel n’est pas le cas. C’est en quelque sorte «MON ENGAGEMENT POUR LE TOGO» Bis, version 2010 anticipée. Quand on sait qu’au Togo, les promesses du RPT, depuis le temps du Gal Eyadèma, jusqu’à ce jour ne sont que des promesses d’ivrogne, il y a lieu pour ceux qui les connaissent bien de pousser un petit sourire sans le moindre commentaire, en entendant vomir pareilles promesses.

Les Togolais auraient acclamé des pieds et des mains, si ces nombreuses routes bitumées dans la tête de M. Kadjé ainsi que les voies de contournement d’Alédjo, Défalé et autres étaient un bilan des actions de Faure Gnassingbé entre 2005 et 2009 qu’il présentait aux populations d’Amakpapé et au peuple togolais. Malheureusement, ce n’est pas le cas. A gorge déployées on a fait du «griottisme», juste pour séduire Faure en lui faisant une précampagne et le remercier de l’avoir nommé il y a quelques mois au ministère qu’il patronne.

«Le chef de l’Etat vient de jouer sa partition et nous le remercions vivement. J’invite donc les leaders politiques, les leaders d’opinion, les éducateurs de masse, les ONG et les médias, à aider à la sensibilisation de nos populations pour l’entretien, le maintien et l’usage de nos infrastructures et le comportement citoyen et respectueux que l’usager de la route doit observer. Excellence M. le Président de la République, dans le domaine qui nous concerne, votre bilan est largement positif et élogieux. Vous avez gagné le pari. Le peuple togolais n’est ni dupe, ni ingrat. Le moment venu, il saura vous témoigner reconnaissance et à sa juste valeur.», devait déclarer M. Kadjé à l’endroit de son bienfaiteur. A l’endroit du Ministre, le peuple en revanche répondra le moment venu: «Oui, vous n’avez pas menti, je ne suis pas dupe, mais seulement, pas dans le sens où vous le prenez!».

Au fait, quelle est cette fierté, quel est ce zèle débordant qui animent un Ministre dont le pays se dit souverain et qui n’a pas été en mesure de sortir des sous des propres caisses de l’Etat pour réhabiliter des ponts détruits par le manque de contrôle des ouvrages existants et par des inondations et dans un contexte de pilotage à vue? Les autorités se sont entièrement rabattues sur la Chine qui a tout financé, tout! Où est la fierté? Où est le sens de l’honneur et de la dignité dans tout ça? Les fonds auraient émané des caisses propres de l’Etat, qu’on pouvait comprendre cette adresse flatteuse à l’endroit du Président de la République. Quelle est la partition jouée par le Président? La partition, est-ce la mendicité? L’éternelle dépendance du Togo?

C’est d’ailleurs une honte qu’au Togo, les bailleurs de fonds ont fini par connaître les autorités en place et n’osent plus jeter un rond dans leurs mains, de peur de les voir le dilapider. N’est-ce pas merveilleux que l’on apprenne que les ponts d’Amakpapé et de Togblékopé ainsi que le renforcement de celui de Lilikopé n’auront coûté que 2 milliards 700 millions de nos francs? Il faut croire que désormais ce sera ainsi qu’il faut traiter avec les autorités en place, si le Togo doit se développer, car les détournements constituent le meilleur exercice au Togo. Pour l’occasion M. Yovodévi Kuessan, le directeur de la TVT a cru utile de monter en personne sur le plateau, annonçant une bonne nouvelle aux Togolais, transportant les téléspectateurs loin, très loin. A la fin, beaucoup n’avaient fait que ricaner, se demandant si c’était cela la bonne nouvelle du siècle au Togo.

Alain SIMOUBA


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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