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Election présidentielle 2010 au Togo: Faure
Gnassingbé et l’armée togolaise en ordre
de bataille:
Une armée instrumentalisée
au service du clan Gnassingbé
15 octobre 2009
Si
en Afrique et principalement au Togo les élections
sont synonymes de violations des droits de l’homme, d’exactions
extrajudiciaires, de violences, d’achats de vote et de
bourrages des urnes, il est de notre devoir de tirer la sonnette
d’alarme lorsque le Rpt, parti-Etat et l’armée
togolaise veulent se mettre en ordre de bataille à quelques
mois de l’élection présidentielle. Et pour
cause, le scrutin présidentiel d’avril 2005 avec
son cortège de massacres et de disparitions n’a
pas fini de nous interpeller.
La
stratégie de la terreur savamment planifiée
par le Rassemblement du Peuple Togolais (Rpt) et le clan, a toujours
porté ses fruits. Elle a permis au Gal Gnassingbé Eyadèma
de confisquer le pouvoir pendant presque quatre décennies
et à son fils Faure Gnassingbé de s’approprier
le fauteuil présidentiel après une parodie d’élection
tachée de sang en avril 2005.
Le pseudo coup d’Etat attribué au député Kpatcha
Gnassingbé, l’un des fils du Gal Eyadèma,
a servi de prétexte au pouvoir en place pour renforcer
son dispositif de terreur. Ainsi, on a pu observer au sein de
l’armée, base arrière du clan Gnassingbé des
mouvements de troupes qui ont eu pour but de resserrer les rangs.
Les hommes de mains ont ainsi été positionnés
pour parer à toute éventualité. C’est
ainsi que, le lieutenant-colonel Barnabo Nampukine est passé à la
tête du Régiment de soutien et d’appui (RSA).
Le Régiment commando parachutiste (RPC) de Kara est désormais
confié au lieutenant-colonel Yao Kpelenga. Quant aux commandes
du Régiment blindé de reconnaissance et d’appui
(RBRA), le demi-frère aîné de Faure Gnassingbé,
le lieutenant-colonel Rock Balakiyem Gnassingbé est évincé.
Rappelons qu’en 2005, le lieutenant-colonel Rock Gnassingbé aurait
refusé de faire sortir ses troupes pour mater la population
qui revendiquait la victoire de l’opposition à l’élection
présidentielle.
Les deux grands vainqueurs de ces changements à la tête
des forces armées togolaises sont le général
de brigade Essofa Ayéva, le nouveau chef de l’état-major
général des Armées et le lieutenant-colonel
Abalo Félix Katanga, commandant du camp FIR (Forces d’intervention
rapide) accusé par le rapport d’établissement
des faits de l’ONU d’être l’un des instigateurs
de la boucherie électorale d’avril 2005 et beau-frère
du président Faure Gnassingbé.
En somme, ce remue-ménage qui positionne les fidèles
parmi les fidèles à la tête de Régiments
hautement stratégiques ne peut laisser personne indifférent à quelques
mois des consultations présidentielles. Et comme si cela
ne suffisait pas, l’entrée en lice du Major Kouloun
dans la région des Plateau, région où la
sauvagerie l’a emporté sur le sentiment républicain,
inquiète plus d’un. Aux dernières nouvelles,
le Major Kouloun qui avait semé la terreur et la désolation
en 2005, s’active à constituer des milices pour
le compte du Rpt de Faure Gnassingbé.
La dernière trouvaille, du monarque Faure Gnassingbé,
est la réhabilitation du colonel Kouma Bitinéwé.
Il occupe désormais les fonctions de directeur de cabinet
du ministère de la défense.
Tout ceci laisse à penser que, Faure Gnassingbé affiche
ses ambitions: verrouiller tout le système pour se maintenir
au pouvoir comme l’avait fait son défunt père.
Les nominations des tristement célèbres Atcha Titipkina
et Yark respectivement ministre de la sécurité et
de la protection civile et chef d’Etat major de la gendarmerie
nationale n’ont pas fini de faire des vagues. Tout récemment,
le Colonel Titipkina s’est illustré en interdisant
au secrétaire général de l’Ufc et
député à l’assemblée nationale
d’effectuer un déplacement à l’extérieur
du pays. Quant aux journalistes togolais, ils se souviendront
longtemps de la journée du 23 juillet dernier. Ils ont été pris à partie
par le Colonel Yark, qui n’a pas hésité de
les menacer en ces termes: «Vous emmerdez les gens!
Vous êtes les seuls Togolais? Le pays appartient à vous
seuls»? «Rentrez les dedans ! Correctement !...Le
pays c’est pour vous seuls»? «Rentrez les dedans!
Je suis responsable… faire regretter… vous n’avez
rien vu encore»! Sans commentaire. Et point n’est
besoin de revenir sur le passé de ces deux officiers de
l’armée togolaise.
Face à un tel dispositif aussi verrouillé et où les
dés sont pipés d’avance avec une élection à un
tour, la marge de manœuvre de l’opposition est très
réduite et elle ne peut se permettre d’évoluer
en rangs dispersés. Une candidature unique de l’opposition
lors du scrutin présidentiel de 2010, une mobilisation
de la population et de la diaspora togolaise, peuvent contribuer à faire
renverser la tendance. Et cela, à quel prix lorsqu’on
sait que l’opposition togolaise doit faire face au clan
Gnassingbé et à une armée instrumentalisée?
Yves Têtê Houedakor
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