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Choisir entre médicaments contrefaits
et Chirac?
Après les crimes
contre les Africains, voilà Chirac «l’humanitaire»!
23 octobre 2009
A l’initiative d’une certaine fondation dénommée «Fondation
Chirac» qui serait créée en 1998 par
celui dont elle porte le nom, six chefs d’Etat et de
gouvernement africains ont participé au lancement officiel à Cotonou,
de l’appel contre les faux médicaments. Cette
rencontre organisée le 12 octobre 2009 par le gouvernement
béninois s’est tenue au Palais des Congrès
de Cotonou et a également vu la participation de l’ancien
chef de l’Etat français, Jacques Chirac.
«Un médicament sur quatre utilisé dans
les pays en développement est faux. Deux cent mille
décès par an pourraient être évités,
si les médicaments prescrits contre le paludisme étaient
conformes à la réglementation et capables de
traiter réellement la maladie. C’est pourquoi,
devant ces drames, nous voulons lancer aujourd’hui de
Cotonou, ville exemplaire, cet appel contre l’impunité».
Voilà un extrait du discours (source Togo-Presse du
14 octobre 2009) de M. Jacques Chirac, ancien président
français, le Nègre à la peau blanche qui
avait été tenté, à la l’approche
de la fin de son dernier mandat, à l’opposé de
tous les chefs d’Etat qui s’étaient succédé à l’Elysée
avant lui, d’en briguer un troisième.
Quelques questions s’imposent après la participation
de Chirac au dernier sommet des chefs d’Etat africains à Ouagadougou
sur les changements climatiques, puis sur les médicaments
contrefaits ou faux médicaments. On peut notamment se
demander, si après seulement deux ans de passage aux oubliettes,
le mec ne serait pas débordé par la nostalgie de
l’agora, des bains de foule. Sans risque de se tromper,
il doit manquer cruellement à Chirac, ces bains de foule
dont il avait l’habitude chaque fois qu’il se rendait
auprès de ses « anciens vassaux » à qui
il avait l’habitude de donner des ordres et qui lui obéissaient.
Oui, pour retrouver une ambiance similaire, il fallait initier
un projet du genre sur les médicaments contrefaits et
se replonger dans l’ambiance qui doit tant lui manquer.
Alors l’occasion n’est-elle pas trop belle pour faire
d’une pierre deux coups, faisant la jonction entre Ouaga
et Cotonou? Passons!
Jamais un chef d’Etat français n’aura exacerbé autant
de sentiment et de haine anti-français auprès
des populations africaines. Ce curieux personnage, cet Africain à la
peau blanche, avant son atterrissage à l’Elysée,
donnait l’impression d’être un ami de l’Afrique,
mieux, des Africains. Cela se ressentait dans ses interventions,
faits et gestes. Une fois débarqué à l’Elysée,
il a démontré tout le contraire par un revirement à 180°,
allant jusqu’à considérer sans ambages, ni
bégaiement que «l’Afrique n’est
pas mûre pour la démocratie».
N’est-ce sans doute pas par hasard, lui qui aurait foulé aux
pieds les décisions de la Baule que le légèrement
moins mauvais François Mitterrand aura initiées
lors du sommet dit de la Baule, qui à la fin des années
80, début des années 90, voulait entre autres,
que les pays africains dont les dirigeants qui pratiqueraient
la démocratie, la bonne gouvernance et le respect des
droits de l’Homme dans leurs Etats, devaient bénéficier
du soutien de la France ? On est en droit de le penser, vu le
mépris et la morgue hautaine qui caractérisent
ce toubab foncièrement méchant à l’égard
des peuples africains.
Quand des Africains ne sont pas mûrs pour leur ouvrir
les portes de la démocratie, il est plus qu’évident
que bonne gouvernance, droits de l’Homme et autres ne soient
qu’un luxe pour eux, d’où il fallait les en
priver. Alors pendant les 12 années passées à l’Elysée,
que de fois Jacques Chirac n’était demeuré insensible
et imperturbable face aux cris de détresse des peuples
africains!
Une enseignante à la retraite qui avait entendu la semaine
dernière sur RFI que l’ancien président français
dénonçait les faux médicaments comme un
crime contre les pays en voie de développement, n’avait
pas hésité à pester en ces termes: «S’il
fallait choisir entre les faux médicaments et ce mec-là,
je n’hésiterai pas une seule seconde à porter
mon choix sur les faux médicaments, car je préfère
mourir de consommation de médicaments fabriqués
avec l’intention de guérir des hommes de leurs maux
et non de les tuer, plutôt que de me fier à un être
humain condescendant et sans aucune considération pour
les Africains que nous sommes et qui a toujours soutenu les dictatures».
Justement c’est de cette réflexion que nous avons
puisé le surtitre de cet article. On ne peut pas mieux
dire. Il serait d’ailleurs de bon ton, que Jacques Chirac
aille se cacher chez lui en France plutôt que de venir
après sa retraite, sous sa carapace de fondation de bienfaisance,
réveiller les douleurs des Africains.
Aujourd’hui, le vieux Jacko trouve que si les médicaments
prescrits contre le paludisme étaient conformes à la
réglementation et capables de traiter réellement
la maladie, 200.000 décès par an seraient évités.
Quelle blague! Qu’a-t-il à y voir ! Est-ce seulement
en 2009 qu’avec sa fameuse fondation, Jacques Chirac se
rend compte subitement, après avoir quitté le luxe
de l’Elysée, que les Africains ont aussi besoin
de protéger, de sécuriser leurs vies pour ne pas
mourir comme des mouches ?
Quand l’affaire des cadavres rejetés par la mer
après la présidentielle de 98 au Togo avait éclaté,
en 1999, Chirac n’avait pas attendu les conclusions de
la commission de vérification ONU-OUA, pour déclarer
qu’il ne croyait pas à ces allégations. Parce
qu’il voulait faire plaisir à son «ami
personnel». Par ailleurs, Chirac était là en
2005, lorsque entre 500 et un millier de Togolais furent
massacrés suite aux élections présidentielles.
L’avait-on vu ou entendu condamnant l’hécatombe?
Ces Togolais étaient simplement des mouches à assommer à l’éventail.
Cela, chez Chirac ne pouvait que, comme d’habitude, faire
psch sch sch sch ….! (une expression dont il raffole,
semble-t-il). Il était à l’Elysée
lorsque d’autres drames humains perpétrés
par des brutes se sont produits çà et là sur
le continent. Tout comme au Togo, cela ne l’avait rendu
ni chaud ni froid. Alors que vient-il raconter aujourd’hui
aux pauvres Africains entourés comme il aimait voir les
chefs d’Etats africains le faire?
Curieusement, notre Chirac qui avait cautionné les pires
exactions, contre les Africains, les pires persécutions
en Afrique subies par des êtres qui ne demandaient qu’à être
gouvernés autrement, à voir proclamer les vrais
résultats issus des urnes, considère aujourd’hui
les médicaments contrefaits que l’on débarque
en Afrique, peut-être même fabriqués en Indonésie,
Hong-Kong, Taïwan, par des Français (qui sait?),
pour soigner des Africains constituent un drame, un crime contre
des êtres humains. Chirac ira jusqu’à lancer
un appel contre l’impunité. Si punition il y a pour
pratique inhumaine, il méritait, lui Jacques Chirac, pareille
punition. Le vieux Jacko, pendant qu’il lance son appel
contre l’impunité pour des gens qui fabriquent ces
médicaments dits contrefaits, devrait commencer
par se repentir, de s’être tu, là où il
pouvait faire quelque chose en Afrique pour mettre fin à l’extermination
lente des peuples.
Oui, les Africains sont d’accord qu’il faut lutter
contre la prolifération de ces médicaments contrefaits
chez eux pour certaines raisons, et de provenance douteuse, qui
peuvent bien nuire à la santé de l’homme,
mais la personne indiquée pour mener un tel combat, serait
tout le monde sauf Jacques Chirac, mal indiqué pour protéger
des vies humaines, après avoir par le passé,
cautionné leur destruction de manière tacite.
Alain SIMOUBA
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