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Coopération Togo-Ghana avant les élections de 2010:

Soupçons sur les visites de l’Etat-major de l’Armée ghanéenne au Togo

26 octobre 2009

Le Chef d'Etat Major de l'armée ghanéenne, le Général Peter BlayDepuis quelques semaines, les responsables de la sécurité et de l’armée ghanéennes sesuccèdent au Togo. D’abord, c’est le chef d’état-major général des Forces armées ghanéennes, le général Peter Blay qui a effectué une visite de 24 heures dans le pays. La semaine dernière, ce fut le tour du patron de la Sécurité au Ghana. Des visites qui alimentent les discussions au sein de la population.

Le 6 octobre dernier, le général Peter Blay était à Lomé pour s’entretenir avec les autorités togolaises sur les questions de sécurité transfrontalière et dans la sous-région. Peu après son arrivée, il a été reçu par le chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé en une audience qui a abordé la coopération bilatérale et le renforcement de la sécurité au niveau de la CEDEAO. Le général Peter Blay a également eu des séances de travail avec la marine togolaise et des officiers des Forces armées togolaises sur le développement des stratégies face à l’insécurité transfrontalière. Et selon le chef d’Etat-major général des Forces armées togolaises (FAT), Ayéva Essofa, cette visite de son homologue ghanéen est la volonté de traduire dans les faits l’excellence des relations d’amitié qui unissent les deux pays.

Une semaine plus tard, c’était le coordinateur de la Sécurité du Ghana, le Colonel Larry Gbevlo-Lartey qui, à la tête d’une forte délégation des chefs de services de la sécurité du Ghana, a séjourné au Togo. Comme son prédécesseur, il a été d’abord reçu en audience par le chef de l’Etat. «Avec notre collègue, le ministre de la Sécurité du Togo, nous travaillons tous les jours pour trouver des solutions aux questions de sécurité, soit du côté togolais, soit du côté ghanéen. Nous voulons rassurer que le Togo et le Ghana sont ensemble. Rien ne peut être caché entre les deux pays en termes de sécurité. Si quelqu’un pose un acte au Ghana par exemple et pense ne pas être poursuivi au Togo où il compte trouver refuge, il se trompe. C’est vice versa», a expliqué le Colonel ghanéen à l’issue de l’audience.

Ensuite, la délégation ghanéenne a eu une séance avec les services de sécurité togolais conduits par le colonel Mohamed Atcha Titikpina. Les deux jours de travaux ont débouché sur un mémorandum d’entente signé par les deux parties et qui est une «réaffirmation de l’engagement des deux pays à mettre en commun leurs efforts pour résoudre les problèmes liés à la sécurité». Après le côté discursif, les deux colonels et leur suite se sont transportés au poste frontalier de Kodjoviakopé pour sensibiliser les populations à qui il a est demandé de collaborer avec les «services de sécurité en matière de renseignements et d’information sur tous les actes répréhensifs».

Dans la foulée, on annonçait qu’une femme a été arrêtée en provenance du Ghana avec une valise contenant des munitions; des munitions qui ont été montrées sur la TVT. Est-ce une simulation ou une réalité qui a coïncidé avec la sortie des deux colonels? Nul ne saurait répondre à cette question. Mais le colonel Larry Gbevlo-Lartey en a profité pour prévenir que «son pays et le Togo sont résolument décidés à décourager les actes de déstabilisation». «Les relations qui existaient entre le Togo et le Ghana ont changé», a-t-il dit. Pour Mohamed Atcha Titikpina, «la méfiance qui existait entre les deux pays s’est envolée».

L’opinion s’interroge
Malgré la version officielle abondamment servie par les médias publics puisque les privés sont considérés comme des «parias» pour ces genres d’événements, les Togolais continuent de s’interroger sur le séjour successif du patron de l’Armée et du Coordinateur de la Sécurité du Ghana. Que sont-ils venus chercher au Togo? La paix est-elle menacée dans notre pays? Autant de questions que se posent nombre de Togolais qui se remémorent les rapports houleux que les deux pays avaient entretenus au temps du capitaine John Jerry Rawlings et du général Gnassingbé Eyadèma.

Ainsi, certains affirment qu’il y aurait des rumeurs de déstabilisation du pays et que les autorités ghanéennes voudraient, par ces deux sorties, rassurer leurs homologues togolaises. Et la saisie des munitions montrée par la TVT ainsi que les propos tenus par le colonel ghanéen alimentent davantage les palabres. Pour les partisans de cette thèse, les relations entre le Ghana et le Togo se sont améliorées depuis environ dix ans et les boucans de ces derniers  jours cachent quelque chose. «Depuis quelques années, c’est de bons rapports qui existent entre les deux pays. Les soldats ghanéens viennent à Lomé défiler et vice versa. Si on voit tous ces mouvements aujourd’hui, il faut savoir qu’il y a quelque chose qui ne va pas», commentent-ils.

D’autres, par contre, estiment que, dans la perspective de la présidentielle de 2010, le pouvoir de Lomé voudrait s’assurer du soutien d’Accra.

On se souvient, au début de cette année, c’est-à-dire à quelques jours de l’élection de John Atta-Mills, il avait été célébré au Togo les quinze ans de l’agression de janvier 1994 et l’un de ceux qui avaient participé à la répression de Fréau Jardin et qui a perdu sa vie dans l’attaque, a été décoré à titre posthume. Une date qui n’avait pas pignon sur rue au temps du général président. A l’époque, cette célébration avait suscité beaucoup de commentaires au sein de l’opinion.

R. Kédjagni


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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