Pour un scrutin transparent et crédible
en 2010:
Appliquer les recommandations de la Mission d’observations
de l’UE d’octobre 2007
28 octobre 2009
La Commission européenne nationale indépendante
(CENI) a réussi à se doter d’un bureau définitif
le mercredi 14 octobre dernier. Cette énigme résolue
est le dernier obstacle qui se dressait sur la route du processus,
nommément à l’enclenchement de sa phase active.
Ainsi les préparatifs du scrutin proprement dits devront être
enclenchés. De cette tâche dépend la bonne
tenue de l’élection dont le peuple attend beaucoup,
ainsi que la communauté internationale. Ce scrutin de
2010, on le veut transparent, démocratique et surtout
apaisé. Il faut donc prendre toutes les précautions
utiles pour qu’il en soit ainsi. Et c’est ici qu’il
urge de rappeler certaines recommandations faites par la Mission
d’observation électorale de l’Union Européenne
au Togo (MOE) en 2007.
En effet, l’institution européenne a dépêché lors
des législatives d’octobre une Mission d’observation électorale
au Togo. Au terme du scrutin, la mission a dressé un rapport
final dans lequel les couacs ont été répertoriés
et plein de recommandations faites, pour une bien meilleure organisation
des futures échéances électorales, dont
justement celle de l’année prochaine.
Cadre légal et institutionnel
La MOE avait recommandé une consolidation juridique du
Code électoral afin d’en éliminer les scories
y demeurant et relevant de la logique de stades antérieurs
de la législation, une révision de l’ensemble
du calendrier légal en vue de mieux tenir compte des impératifs
opérationnels et des réalités logistiques,
en particulier en ce qui concerne la période d’affichage
et d’examen des listes électorales ou le délai
pour la production des bulletins de vote.
La Mission avait également conseillé de rectifier
et préciser les délais légaux et les éléments
de procédure relatifs à l’enregistrement
des listes de candidats, d’inscrire dans le Code électoral
l’obligation d’assurer la traçabilité et
la sécurisation des bulletins, de revoir les dispositions
relatives à l’organisation de la campagne électorale,
d’une part pour accroître la durée d’au
moins une semaine et d’autre part pour réglementer
la période précédant l’ouverture officielle,
d’inscrire formellement l’obligation de neutralité des
autorités administratives à tous les niveaux -
ce qui est une gageure au Togo- et prévoir la possibilité de
sanction administratives en cas de non respect.
La mission d’administration a recommandé que l’on
précise les dispositions relatives à la centralisation
des résultats afin d’établir de manière
non ambiguë les conditions et les limites dans lesquelles
les Commissions électorales locales indépendantes
(CELI) ainsi que la CENI interviennent en terme de redressement
des résultats, les dispositions relatives au contentieux
postélectoral de manière à clarifier le
rôle de la Cour Constitutionnelle en terme de pouvoir d’enquête
et de devoir de vérification.
Même si le Code électoral a été déjà voté,
il peut encore subir des retouches pour l’amélioration
si tous les acteurs le désirent.
Administration électorale
La Mission a recommandé l’assurance d’une
plus grande transparence des travaux à la CENI. Ceci dit,
les travaux ne doivent nullement être gardés secrets,
ils doivent être communiqués, par exemple à travers
la publication des procès-verbaux des réunions.
La mise en place d’une structure d’appui effectif à la
CENI, dotée de capacités en matière opérationnelle
lui permettant d’assurer une coordination efficace de ses
activités, la dotation de la CENI d’un service juridique
interne lui permettant de mieux anticiper les conséquences
légales de ses décisions, l’établissement, à bref
délai et sur la base de l’expérience du scrutin
législatif du 14 octobre, d’un calendrier opérationnel
pouvant servir de support à la révision du Code électoral,
en vue d’améliorer l’interaction entre délais
légaux et délai opérationnels.
Procédures électorales et publication
des résultats
Sur la base de l’expérience du scrutin législatif
du 14 octobre, procéder à une révision générale des
procédures opérationnelles et à l’établissement
d’un vade-mecum des opérations électorales à destinations
des membres des futures CENI et CELI afin d’améliorer à l’avenir
l’intégration des différentes phases du processus électoral,
de l’inscription des électeurs et de la constitution
du fichier électoral à la proclamation des résultats,
cette disposition est censée favoriser la réactivité et
la capacité d’anticipation des CELI et permettre
de limiter des décisions trop tardives sur des sujets
sensibles, conseille la MOE.
La Mission recommande, sur la base du vade-mecum des procédures électorales,
de revoir le guide des membres des bureaux de vote pour en combler
les lacunes, notamment en ce qui concerne la compréhension
de l’utilisation des listes électorales et du traitement
des exceptions ou la validation des bulletins de vote. La formation
des membres des bureaux de vote devrait être revue afin
que la compréhension globale des procédures efficaces
soit renforcée au niveau de leurs président et
rapporteurs.
Développer des procédures efficaces et transparentes
pour la centralisation des résultats au niveau des CELI,
c’est-à-dire l’établissement de «comptoirs» de
réception et de vérification des urnes, des procès-verbaux
et des résultats.
La mise sur pied de procédures de réception et
de centralisation des résultats fluides et transparentes
devrait permettre de réduire les délais d’attente,
limiter le risque d’erreurs matérielles et de favoriser
la confiance mutuelle quant à leur intégrité.
Il serait ici recommandable de procéder à la sélection
et à la formation ciblée d’un personnel d’appui
spécifiquement alloué aux CELI dans cette phase
du travail ; publier à l’issue des résultats,
outre une ventilation détaillée des résultats
par bureau de vote, des outils postélectoraux afin de
favoriser la compréhension des mécanismes du système électoral
dans la population afin de favoriser l’acceptation
des résultats, telles sont les gages de transparence du
scrutin et de finalité des résultats.
Fichier électoral
Etablir à bref délai, des procédures pour
l’entretien et la gestion du fichier électoral
national, préconise la Mission. La mise en place de ces
procédures est indispensable à l’élaboration
d’un plan pour la gestion postélectorale de cette
base de données acceptée par ensemble des
acteurs du processus. Il conviendrait également de s’interroger
sur les modalités administratives de gestion, en particulier
en ce qui concerne l’établissement de procédures
de type Etat-civil, indispensable au maintien de l’intégrité du
fichier, par exemple en terme de déclaration de décès.
En l’absence de telles procédures, la durée
de vie d’un fichier électoral est très limitée.
Le présent et le futur se construisent sur les ruines
du passé instruisent pour une meilleure organisation de
l’élection présidentielle de l’année
prochaine. C’est à ce niveau que les recommandations
faites par la Mission d’observation électorale
de l’Union européenne en octobre 2007 ont toute
leur valeur. Au moment où la CENI va entreprendre la phase
active du processus, il faut que par ailleurs, des mesures soient
d’ores et déjà prises pour l’authentification
des bulletins de vote, pour éviter le scénario
d’octobre 2007.
Tino Kossi
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