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Devoir de vérité: l’une des plaies du régime Eyadèma:

Une conception erronée du pouvoir inculquée à la jeunesse, relève de demain

28 octobre 2009

Avec l'argent le régime Eyadèma père et fils ont corrompu tout le paysLa présente analyse nous a été inspirée par deux événements récents, presque aux antipodes l’un de l’autre. L’un majeur, s’est déroulé au Ghana voisin et mérite d’être copié, l’autre, mineur qui se produit au Togo, mais mérite tout de même attention, bien que susceptible d’être logé dans la rubrique des faits banals et donc qui ne méritent pas qu’on y perde le temps, vu surtout que ce n’est que le reflet de la pensée ou de la philosophie d’un individu. Malheureusement, ils sont des centaines, des milliers dans le pays à raisonner exactement de la même manière.

Cet événement attire notre attention malgré cette peinture, car révélateur du très mauvais héritage laissé après 38 ans de pouvoir par le Gal Eyadèma au peuple togolais et malheureusement à la jeunesse, que le défunt président appelait lui-même pourtant, la relève de demain et qui méritait, beaucoup mieux que ça. Ceux qui pensent que le Général a négativement marqué la vie du Togo et comme tel, ne mérite pas de porter le titre de père de la Nation ont-ils raison de le penser? A chacun de donner sa réponse et de commencer par réfléchir sur la manière d’aider les Togolais à se débarrasser de ces idées saugrenues d’un autre âge.
 
Le premier événement, c’est la démission tout à fait volontaire de deux ministres ghanéens le 9 octobre 2009 à Accra, suite à une affaire de corruption dans laquelle les a impliqués une cour de Grande Bretagne. C’était le 25 septembre 2009. Le deuxième événement est un fait banal qui mérite tout de même qu’on lui accorde toute l’attention qu’il mérite comme nous venons de le dire. Il s’agit d’une «discussion amicale» entre deux compatriotes togolais.

L’un est originaire d’une préfecture au-delà de Kara et militant du RPT et l’autre originaire d’une préfecture située à quelques kilomètres de la Capitale. Celui-ci se réclame de l’Opposition et en serait fier d’ailleurs, malgré «sa pauvreté matérielle» qui pousse son interlocuteur à l’inviter à adhérer si tardivement au RPT. Cette discussion a le mérite de révéler l’une des tares qui ont été disséminées dans l’esprit d’une catégorie de citoyens vieux comme jeunes et que beaucoup ont adopté en vieillissant avec, et dont il importe qu’ils se débarrassent au plus vite pour que le Togo puisse se développer.

Démission de deux ministres ghanéens
Le vendredi 9 octobre 2009, deux ministres ghanéens, George Sipa-Adja Yankey, de la Santé et Seidu Amadu, ministre d’Etat à la présidence ont remis leurs démissions au Président John Atta-Mills qui les a acceptées à regret, selon le communiqué de la présidence. Ledit communiqué précise que le président ghanéen a saisi une commission indépendante pour enquêter sur cette affaire de corruption, espérant que c’est l’occasion pour ces deux ministres de prouver leur innocence.

Il convient de signaler que l’affaire de corruption dont il est question remonte à une dizaine d’années au moins, lorsque l’ancien Président John Jerry Rawlings était aux affaires. Il s’agissait d’une société britannique dont les dirigeants ont été condamnés en Grande Bretagne pour avoir versé des pots-de-vin pour se voir attribuer des marchés publics de construction de routes au Ghana. Les deux ministres sont entrés en janvier dernier dans le gouvernement de M. Atta-Mills après la victoire du NDC.

Au Togo, quel que soit le degré avéré de corruption, d’abus de pouvoir, de détournement, de pédophilie, de viol, d’adultère ou d’implication dans des trafics de drogue, toutes ces choses qui sont disgracieuses et infâmantes, on n’aura jamais vu au Togo un responsable politique ou administratif démissionner ou même sommé de le faire. Mieux, il est protégé; l’essentiel c’est d’être une émanation du parti au pouvoir et ne pas agir contre les intérêts de celui-ci. Une chose est sûre et tout le monde au Togo peut en convenir, sous le Gal Eyadèma, de mémoire d’homme, on n’a jamais donné de démission pour sauver son honneur et c’est ainsi qu’au Togo, environ 90% des Togolais aujourd’hui n’ont aucune notion d’honneur ni de dignité et encore moins de respect de la chose publique. C’est la porte grandement ouverte à tous les vices et l’on y rivalise d’ailleurs d’ardeur.

Ici, démissionner est synonyme de déguerpir. Ce fut le cas pour l’ancien Ministre de l’Economie et des Finances, Jean Têvi dans les années 70. Ce fut aussi le cas pour l’ancien PM Agbéyomé Kodjo. Pour le Gal Eyadèma, sans doute, oser donner sa démission sous prétexte d’être tombé en disgrâce, ou se désolidariser d’un acte impopulaire posé par le régime ou pour toute autre raison de conscience, doit être sûrement interprété comme une bravade, en ce sens que celui qui veut démissionner de l’administration d’Eyadèma, voudrait indirectement prouver à Eyadèma qu’il est moralement et politiquement plus propre et plus correct que lui.

Cela, Eyadèma ne l’aurait jamais toléré. Dieu seul sait qu’on aurait trouvé un moyen pour éliminer physiquement cet «impertinent, ce téméraire», qui voudrait montrer à Eyadèma que c’est avec des vertus qu’on construit une nation et développe un peuple. Et c’est ainsi qu’au fil des ans, les Togolais à leur corps défendant ont perdu beaucoup de leurs vertus y compris le sens de l’honneur, de la dignité et de l’humilité.

Ainsi, mensonge, délation, adultère, prostitutions de toutes sortes, viol, vol, détournement de deniers publics, perte du sens du bien public, absence de moral et de civisme, etc, tout cela était devenu pendant ces 42 dernières années, le point d’ancrage de la personnalité du TOGOLAIS NOUVEAU comparé à celui des années d’indépendance.

Dans cette situation où le Togolais doit être en quête d’une nouvelle identité plus reluisante aujourd’hui après la mort du dictateur, on ne peut qu’apprécier la portée d’un tel geste hautement positif qui se produit à deux pas de nous, comme pour indiquer aux voisins de l’Est la voie à suivre. Il faut reconnaître que le Gal Eyadèma aura tué en le Togolais pendant ses 38 ans de règne, sa personnalité et son génie créateur qu’il faudra l’aider à retrouver.

«Tu vas mourir pauvre»
Le deuxième événement qui a retenu notre attention, nous pousse à établir un lien  avec les démissions. La semaine derrière, la situation politique togolaise et l’actualité brûlante que constituait la crise à la Céni étaient l’objet d’une causerie entre deux connaissances. Cette causerie avait conduit deux Togolais à un tour d’horizon de la situation sociale que connaît leur pays depuis des années, sans oublier la misère dans laquelle végètent les Togolais.

Dans une pareille discussion, il est évident que l’aspect politique ne peut que s’inviter dans le débat. Le plus jeune qui doit avoir entre 35 et 38 ans avec un bagage universitaire, tiré toujours à quatre épingles, chaussures haute gamme estimables à plusieurs dizaines de milliers de francs CFA, montre-bracelet de luxe scintillant autour du poignet gauche, une énorme chevalière en or au poignet droit, véhiculé en luxe. Devinez vous-mêmes, s’il vous plaît, le reste vestimentaire que notre «dandy» peut enfiler, de par son train de vie ostentatoire!

Pendant qu’au Ghana, deux ministres du gouvernement en place démissionnaient de leur propre chef comme cela se passe en Europe et ailleurs en Occident, notre compatriote, visiblement un parvenu, incapable de voir plus loin que le bout de son nez, éructe comme par plaisanterie: «Tu vas mourir pauvre, viens au RPT et tu seras heureux. Combien de temps avons-nous à passer sur terre, pour vivre dans la misère?». Nous vous faisons grâce des autres détails. En voilà de ces incongruités de la pire espèce qui ne peuvent pas aider des individus censés avoir fait des études universitaires, donc de potentiels cadres de la nation, à concevoir le moindre projet de développement pour aider leur pays à sortir du sous-développement. Pour cet homme, s’habiller, manger, boire, faire la vie avec la gent féminine doivent être les seules préoccupations, peu importe pour lui ce qu’il aura apporté à la fin de sa vie à son pays et dont la postérité pourra hériter.

Son interlocuteur, un fonctionnaire à la retraite, d’un tempérament railleur et plein d’ironie, solidement ancré dans le spiritualisme (pas un monsieur terre-à-terre) qui a d’ailleurs sa philosophie de la vie et sa conception du bonheur, lui lâcha: «Tout cela ne m’intéresse pas; j’aurais pu être ministre dans ce pays, si je l’avais voulu. Et si ma situation actuelle de retraité est synonyme de misère, alors je la préfère à la perte de ma personnalité».

Au Togo, pendant le règne d’Eyadèma, le pouvoir a été présenté comme un moyen pour devenir riche, heureux. Ainsi celui qui s’était emparé du pouvoir d’Etat en 1967 sous prétexte de faire des rectifications et de le remettre après aux civils, l’a conservé jusqu’à sa mort en février 2005. Il en a fait ce qu’il avait voulu. Certains lui attribuent 112 enfants officiellement reconnus par lui. Sûrement qu’il n’en aurait faits au plus qu’une dizaine, s’il n’avait pas été président de la République. Voilà qui explique déjà la conception que des gens ont du pouvoir dans ce pays et qui justifie le point de vue erroné de cet « intello manchot» qui aura sûrement bénéficié inutilement de bourses octroyées pour ses études, alors qu’il n’est pas  vraiment utile à la nation au sens patriotique. Le voilà avec un raisonnement, pour son niveau, pire que celui d’un paysan, au lieu de raisonner en élite, en éclaireur!

La question qui mérite d’être posée c’est aussi entre autres de savoir, si un monsieur comme cet «intellectuel manchot» (incomplet donc) sort au moins de chez lui et voit comment des pays comme le Burkina Faso, le Ghana, le Bénin, etc se développent à la vitesse d’un météore. En procédant à son recrutement au poste où il se trouve aujourd’hui dans une société d’Etat qui brasse de gros sous, sans finalité autre que bien se chausser, se vêtir, s’encombrer d’enluminures, sûrement que comme pour bien d’autres qui militent dans le même parti que lui, on a plus mis l’accent sur le service qu’on lui rendait en le recrutant et non sur le service qu’il devra rendre à sa nation pour l’amener à se développer, à relever des défis majeurs.

Au Togo qu’a-t-on fait de ces ministres?
Par rapport au cas ghanéen, au Togo, on a vu un ministre qui, pour cause de malversations financières a été tout simplement remplacé à son poste. Quelques mois plus tard, il a été autorisé à se présenter aux élections législatives. Actuellement, il est président de la commission des finances dans son groupe parlementaire à l’Assemblée. Autre cas de malversation, c’est celui du responsable du Fonds d’Entretien Routier (FER), accusé de détournement de plusieurs milliards. Il est dans le pays et n’est pas poursuivi pendant que de petits «voleurs» de pacotilles dorment en prison. N’est-il pas du RPT et proche des autorités actuels?

Les cas de pareilles malversations impunies sont légion comme pour confirmer la conception de ce monsieur cité plus loin et qui considère qu’il faut adhérer au RPT pour  ne pas mourir pauvre. Il y a un ministre encore en fonction aujourd’hui accusé de détournement de plusieurs millions de francs et que personne n’a inquiété depuis plusieurs mois. Et l’on est tenté de croire que pour le pouvoir togolais, tant pis pour celui qui ne sait pas piller les deniers publics et qui est du parti.

Les nombreux exemples que les Togolais ont en mémoire depuis les 38 ans du régime Eyadèma et depuis les 4 ans et demi de son fils, montrent à suffisance que la conception erronée que les autorités togolaises ont de la gestion du bien public ne saurait jamais aider ce pays à évoluer et se développer. Que de ministres impliqués dans des malversations et dénoncés par la presse mais non inquiétés!

Il n’est donc pas surprenant qu’un membre du RPT invite l’une de ses connaissances proche de l’opposition à intégrer le RPT presque moribond pour ne pas mourir pauvre. C’est dommage que même sous Faure Gnassingbé cette conception archaïque du pouvoir que son père avait, continue de faire son chemin     

A.S.


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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