Portrait:
Frédéric
Lawson-Body, une icône du Volley -Ball
30 octobre 2009
Avec beaucoup de détermination il a tutoyé les
cimes en évoluant notamment en Côte d’Ivoire
puis en France. Sacré meilleur attaquant français
en 1989 avec le titre de «Smash d’or»,
Frédéric Lawson-Body a successivement porté tour à tour les
couleurs de Riom, les JSA de Bordeaux et du Stade poitevin. L’excellent
volleyeur meurt le 14 octobre 1989 des suites d’une
méningite bactérienne.
Un Bac scientifique en poche, l’enfant de Lolamé à Aného
quitte le Togo pour s’installer sur les bords de la Lagune
Ebrié à Abidjan. Après y avoir mené une
fructueuse saison sportive soldée par un titre de champion
et de finaliste de la coupe nationale, Frédéric
Lawson- Body devient bien vite la convoitise de nombreux clubs étrangers
notamment français. Une annonce parue dans les colonnes
du magazine l’Equipe, lui permet d’être recruté par
Riom qui accède à la division supérieure.
Il alla enregistrer le même succès sous les couleurs
des JSA de Bordeaux intégrés en 1984.
Juste à 26 ans, il pensait déjà à la
reconversion. Le tournoi de Vivonne lui donnera l’opportunité de
faire la connaissance de Jean Le Torrec alors président
du Stade poitevin Volley –Ball qui accepte que le jeune
consacre la journée en Informatique et le soir aux séances
d’entraînements et matchs. Trois ans plus tard, le
Stade poitevin rejoint l’élite avant de rater
le maintien à l’issue de la saison sportive 1988-
89, mais Fred, son joueur fétiche naturalisé entre
temps, réussit à son diplôme d’Analyste-programmeur,
puis sacré meilleur attaquant du championnat de France
avec le trophée de «Smash d’or».
Impatient d’amorcer la nouvelle saison sportive, le joueur
d’origine togolaise n’ira pas au bout de ses rêves.
Quelques heures avant le duel Poitiers/Epinal du 7 octobre 1989,
Frédéric Lawson en dépit d’une forme
physique époustouflante, donne des signes de malaise.
Admis d’urgence au CHR de Poitiers, les médecins
lui diagnostiquent une méningite bactérienne Gardé en
soins intensifs, le léger mieux annoncé par le
personnel soignant permet à son équipe d’effectuer
le déplacement de Martigues. Contre toute attente, la
situation médicale s’empira et le capitaine du Stade
poitevin rend l’âme en début de soirée
du samedi 14 octobre 1989. Au terme de la saison, Poitiers
remonte en Nationale 1A.
Vingt ans après, chaque retour de la date anniversaire
du décès de Frédéric Lawson –Body suscite
toujours une forte émotion auprès du public poitevin
qui ne peut oublier son joueur fétiche. Crée en
septembre 1992 pour mettre l’ambiance à chaque rencontre
sportive de la formation poitevine, le club des supporters
changea vite de nom pour s’appeler Lawson Club en mémoire
du joueur d’origine togolaise. Depuis lors, le nom de Frédéric
Lawson –Body, ancien élève du Collège
Saint-Augustin de Togoville est dédié à la
Salle du Complexe Omnisports de la Ganterie inaugurée
dans les années 70. D’une capacité de près
de 3000 places, elle est actuellement occupée par le Stade
poitevin Volley –Ball et le Poitiers Basket 86.
Qui était Fred?
Frédéric Lawson-Body a vu le jour le 28 février
1958 à Lomé. Dès son enfance, les connaisseurs
décelèrent en lui des qualités physiques
et un talentueux sportif en herbe. D’abord gardien de buts
en football, il tomba sous le charme du volley-ball, une
discipline sportive introduite au Collège Saint-Augustin
de Togoville par des Frères canadiens.
Au sein des jeunes collégiens rivalisant d’ardeur
pour maîtriser la pratique de la balle ovale, se détacha
Fred, un jeune ado d’à peine quinze ans impressionnant
par son aisance technique, ses détentes… Ce qui
lui valut une sélection précoce en équipe
nationale scolaire puis universitaire. A vingt ans déjà,
il sonna aux portes de la sélection nationale togolaise,
mais avec un mauvais souvenir. La rencontre comptait pour la
Coupe d’Afrique des Nations et le Togo a été vaincu
par le Nigeria sur la marque de 3 sets à 1.Après
une escapade sportive en terre ivoirienne, Fred allait impressionner
la France du Volley-Ball.
De nombreuses activités sportives organisées par
la Fédération togolaise de volley-ball (FTVB) ont
marqué du 14 au 17 octobre 2009, les vingt ans
de la disparition inattendue du talentueux du joueur. Une messe
anniversaire a eu lieu en la paroisse Saints Martyrs de
l’Ouganda à Tokoin suivie d’un dépôt
de gerbe au cimetière municipal d’Aného où il
est inhumé. Lesquelles activités ont été suivies
de la remise de diplôme de participation aux journalistes
formés sur la couverture d’une rencontre de volley-ball,
des rencontres entre les équipes nationales du Togo (dames
et hommes) opposées à leurs homologues du Ghana,
puis d’une exposition photos.
Ekoué Satchivi
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