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Togo: Affaire de tentative de coup
d’Etat:
Faure Gnassingbé refuse la «conciliation» avec
Kpatcha
9 novembre 2009
Le président togolais Faure Gnassingbé a refusé la
demande de «conciliation» déposée
récemment par les avocats de Kpatcha Gnassingbé,
principal accusé dans le dossier de «tentative
d’atteinte à la sûreté de l’Etat» au
Togo, a appris samedi AfriSCOOP de sources concordantes à Lomé.
L’ancien ministre de la Défense et député devra
répondre de ses actes devant la justice.
Le brûlant dossier de «putsch de pâques» au
Togo dans lequel Kpatcha Gnassingbé serait le «cerveau» sera
réglé au pénal et non politiquement ni familialement.
Ainsi en a décidé l’Etat togolais dont le
collectif composé de cinq avocats: deux Togolais, un Béninois,
un Sénégalais et un Français, a organisé un
point de presse samedi à Lomé. «Quand
les faits sont aussi graves que ceux dont nous avons connaissance
(...), la procédure va jusqu’à son terme.
Il n’y a plus de conciliation», a déclaré Me
Gabriel Archange Dossou, Bâtonnier de l’ordre des
avocats du Bénin.
Mardi, Me Christian Charrière-Bournazel, bâtonnier
du barreau de Paris et ses confrères Zeus Ajavon et Djovi
Gally du Togo avaient annoncé que leur «client» souhaitait
un règlement à l’amiable de cette affaire. «Je
mandate ces avocats que je charge d’entreprendre une démarche
de conciliation avec mon frère Faure Gnassingbé»,
a affirmé le député Kpatcha Gnassingbé dans
un extrait du procès-verbal lu par son conseil. Une demande
qui, selon les avocats, recevrait l’aval de la présidence. «L’Etat
togolais n’a donné aucun signal de conciliation», leur
répond sèchement le collectif pour qui, le dossier
dépasse les compétences de Faure Gnassingbé. «Dès
lors que la gravité des faits dépasse un certain
seuil, même le chef de l’Etat ne peut pas arrêter
la procédure en cours», a souligné Me
Dossou. «Quand on ne se reproche rien dans une affaire,
on ne demande pas une conciliation, on laisse la procédure
aller à son terme et on se fait blanchir par la Justice»,
a-t-il ajouté.
Il n’a toutefois avancé aucune date pour le début
de ce procès. Mais, le collectif des avocats de l’Etat
togolais est revenu sur la question de la défense de Kpatcha
Gnassingbé. «A ce jour, l’honorable Kpatcha
Gnassingbé n’a pas d’avocats, parce qu’il
s’est refusé à être assisté»,
a souligné Me Pierre Haïk, avocat au barreau de Paris
avant d’ajouter: «Il est important qu’on
mette un terme à cette polémique qu’il y
aurait obstruction à la défense de Kpatcha. Au
contraire, à notre qualité d’avocats de la
République togolaise, nous souhaitons le plus fermement
qu’il puisse avoir un conseil».
Dans la nuit du 12 au 13 avril 2009, le domicile de Kpatcha
Gnassingbé a été attaqué par des
militaires conduits par Félix Kadanga, un proche de Faure
Gnassingbé. L’ex-ministre de la Défense devenu
député est accusé de vouloir déstabiliser
le pouvoir acquis par son demi-frère en 2005, suite à une
présidentielle particulièrement meurtrière.
Quelques jours après, il est arrêté devant
les locaux de l’Ambassade des USA au Togo, à Lomé et écroué à l’Agence
nationale de renseignements (Anr) pour «tentative d’attentat
contre la sûreté de l’État, groupement
de malfaiteurs, rébellion, violences volontaires avec
usage d’armes à feu et complicité de violences
volontaires». Trente-trois personnes (officiers supérieurs,
officiers, sous-officiers et civils) dont des membres de la famille
Gnassingbé qui règne depuis plus de 40 ans sans
partage, de père en fils, sur le Togo sont actuellement
en détention dans cette affaire.
Par Edem ASSIGNON, © AfriSCOOP
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