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Togo: Présidentielle de 2010:
Kofi Yamgnane: «Servir le Togo
comme Saint-Coulitz»
9 novembre 2009
«Nous, on souffre. Ca suffit comme ça!»:
c'est ce que disent les Togolais à Kofi Yamgnane, en campagne.
C'est pour cela que l'ex-maire de Saint-Coulitz (29) se présente à la
présidentielle, a-t-il expliqué, hier, à Paris. «Si
je le fais, c'est parce que j'aime les hommes. J'ai d'abord servi
Saint-Coulitz, la Bretagne, la France. Je veux servir le Togo
de la même façon!» L'ex-secrétaire
d'Etat à l'Intégration de Mitterrand est de passage
en France, en quête de finances et de soutiens humains.
Il se bat pour obtenir aussi de Paris et de l'Europe des garanties
pour éviter la fraude lors des élections prévues
en février prochain. En 2005, elles s'étaient terminées
dans un bain de sang: plus de 500 morts... «La situation
politique et économique du pays est chaotique»,
explique Kofi Yamgnane. Il parle d'une «dictature sans
pitié, où tout le monde a peur de tout le monde,
le pays de l'espionnite, où tout le monde est corrompu.
Et dans tout cela, la pauvreté galope. Le Togo manque
d'hôpitaux, de médecins!» déplore-t-il.
Une situation «devenue insupportable pour moi» qui
l'a fait partir au combat.
Pas d'alliance avec l'opposition
A six ans, le petit Kofi a été placé sous
la protection du «crocodile» (croyance).
Il aura besoin de dents acérées pour se débattre
dans ce marécage. Le président actuel, Faure Gnassingbé,
qui a pris le pouvoir en 2005, «n'est là que
pour faire fructifier la fortune de son père», explique
Kofi Yamgnane, qui n'imagine pas plus de rapprochement avec l'opposition.
Il ne séduit pas non plus tous les Togolais! Certains
le lui reprochent: «Tu as donné ta jeunesse à la
France et c'est maintenant que tu viens!» D'autres
trouvent que c'est un «plus» d'avoir été élu
par des Blancs... Faire campagne au Togo, n'est pas une sinécure.
Oui, il craint pour sa sécurité. «Quand
les gens me demandent? tu n'as pas peur? Je leur dis un homme
normal a toujours peur? Je ne suis pas un héros! Mais
je trouve que l'enjeu en vaut la peine!»
Catherine Magueur, Le Télégramme
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