|
Togo: Présidentielles de Février
2010:
Derrière les urnes… le
bâton!
20 novembre 2009
Le président Faure Gnassingbé prépare une
période post-électorale musclée en tentant
de régler ses problèmes familiaux avant le scrutin.
Analyse.
A quelques mois de l’élection présidentielle
prévue le 28 février 2010, Faure Gnassingbé n’a
qu’un souci en tête: pas de déballage familial
avec son demi-frère Kpatcha Gnassingbé, ex-ministre
de la défense qu’il a fait arrêter pour "avoir
fomenté un coup d’Etat". D'autant que "Kpatcha" dispose
de nombreux supporters chez les "parents" kabyés
du Nord, fief des Eyadèma, et menaçait de se présenter
contre son demi-frère "aimé".
Pour assurer sa réélection, Faure a mis le turbo.
Côté soleil, en guise d’ouverture, il ne se
présentera pas comme le candidat du RPT (parti au pouvoir),
mais prendra la tête d'associations en cours de création
par ses affidés. Pour la présidence de la CENI
(Commission électorale nationale indépendante),
le président a accepté, sous la pression du médiateur
Blaise Compaoré, de retirer son candidat Henri Lardja
Kolani pour un homme consensuel: Issifou Tabiou Taffa.
Côté ombre, le chef de l'Etat bétonne en
militarisant ces futures échéances. Ainsi, une
Force sécurité élection présidentielle
2010 (Fosep), chargée de "garantir la sécurité avant,
pendant et après l'élection", a été créée.
La Fosep est dirigée par le commandant de la Gendarmerie
nationale, le lieutenant-colonel Yark Damehane, qui avait été mis à l'index
par le rapport de l’ONU sur la répression ayant
suivi la présidentielle d’avril 2005.
Sur le plan politique, l’adversaire numéro un demeure
le leader de l’UFC, Gilchrist Olympio. Le pouvoir s'emploie à le
neutraliser en maintenant le mode de scrutin à un seul
tour. Ce qui pourrait amener Olympio, soutenu par l’ancien
premier ministre et candidat Agbéyomé Kodjo, leader
du parti Obuts, à boycotter le scrutin. Autre challenger
de Faure: l’ex-secrétaire d’Etat français
Kofi Yamgnane.
La Breizh Connection de Yamgnane
Le plus breton des Togolais rêve de voguer de Brest à Lomé II.
Mais Kofi Yamgnane a-t-il pris le bon vent?
Petit-déjeuner de presse très marin, le 12 novembre,
pour Kofi Yamgnane au restaurant Le Divellec, à deux pas
du Quai d'Orsay. Tout un symbole: c'était le restaurant
de poissons préféré de l'ex-président
François Mitterrand, dont l'élu breton fut le secrétaire
d'Etat en charge de l'intégration au ministère
des affaires sociales de 1991 à 1993. Né le 11
octobre 1950 à Bassar dans le nord du Togo, Kofi Yamgnane, élu
en 1989 maire de Saint-Coulitz, fut le premier maire noir immigré en
France. Aujourd'hui, il a choisi la nationalité togolaise
pour se présenter à la magistrature suprême
dans son pays natal, le 28 février 2010. Une sacrée
traversée…
Entre deux bolées de cidre et quelques crevettes grises,
Koffi Yamgnane a présenté à la presse son équipe, à commencer
par sa fille Amina Kirsch, gynécologue à l'Hôpital
Necker à Paris, directrice de sa campagne. Sa communication
est assurée par Ronan Le Flécher, directeur de
l'agence Nominoë conseil, nom du premier souverain breton!
Le candidat compte d'ailleurs beaucoup sur la Breizh Connection
socialiste pour souffler son nom dans l'olifant viking! Il jouit
déjà du soutien inconditionnel de Jean-Yves Le
Driant, président du conseil régional de Bretagne;
Bernard Poignant, maire de Quimper; et Alain Yvergniaux, conseiller
régional de Bretagne. Maire de Nogent-sur-Oise, Jean-François
Dardenne préside l'association du candidat Togo futur.
Mais du côté de la rue Solférino, à l'exception
notable de son ami Laurent Fabius, le "camarade" togolais
est resté devant les grilles…
© Copyright Indigo Publications, La Lettre
du Continent N° 576 du 19/11/2009
|
|